Mercredi 20 novembre 2019

11 avr. - 24 aoû. 2008

Paris Musée Bourdelle

Alain Séchas - Rêve brisé

Malgré un très bon accueil des gardiens, le parcours n’est pas bien fléché, on se perd quelque peu et on a bien du mal à trouver la salle vidéo diffusant un film, L’art et la manière, certes intéressant mais vu (ou plutôt aperçu) dans une trop grande clarté.

A part ça, il s’agit ici d’un Séchas sans chat, la figure tragi-comique identifiée à sa personne. On a dans le Hall des plâtres, aux côtés des œuvres de Bourdelle, une sculpture électromécanique et sonore, en polyester blanc (Centaure mourant 2.0, 2008), puis, dans les salles en enfilade près du jardin intérieur, une série d’œuvres abstraites de 2007-2008 (crayons, pastels, feutres, peintures acryliques) créant de jolies correspondances avec les lignes courbes de la végétation apparaissant à travers les fenêtres du musée. Pour ce qui est du Centaure, eh bien, disons que je l’ai vraiment vu… mourant (!) puisqu’il était en panne le jour de ma visite, dommage car, parait-il, cet homme-cheval, articulé tous les quarts d’heure, « joue à mourir comme le font les enfants » - j’aurais bien aimé voir ça !

Concernant les propositions abstraites, certes, il y a une belle explosion de couleurs ainsi qu’une séduction évidente de cette peinture all-over qui, de par son dynamisme d’exécution, n’est pas sans rappeler la bad painting d’un Magritte dans sa période « vache », à savoir une sorte de détente picturale comme échappement libre pour s’ouvrir de nouveaux horizons. Aussi, un Séchas changeant de cap, je comprends tout à fait, et il serait trop sévère d’affirmer qu’il est en cale sèche ici. Néanmoins, selon moi, il n’y a pas assez d’indices pour décoder ce nouveau Séchas. D’un côté, les titres (Colorbaby, Grigri, Badminton, Ping-Pang-Pong) nous invitent à voir ces œuvres au 12ème degré, comme, pourquoi pas, des gribouillages de pattes de chats en roue libre et, de l’autre, le plasticien, dans ses propos (film + catalogue), nous demande de les prendre telles quelles, dans leur révélation plastique. Dans ce cas-là, c’est un poil gênant car cette action painting primitive et enjouée, mixant l’expressionnisme abstrait américain à la Mitchell, l’abstraction lyrique d’un Mathieu ou encore les dessins-machines de Tinguely, est du déjà-vu.

Oui, appelons un chat un chat, cette expo, au caractère inédit certes louable, s’avère décevante car jouant trop sur le mode du déceptif : ce Not cat !, signé Séchas, me fait penser à un concert très attendu d’une rock-star qui ne reprendrait aucun de ses standards : bonjour la frustration et le... rêve brisé !

Informations pratiques
MUSÉE BOURDELLE

18, rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
France

Contact
+33 (0)1 49 54 73 73

www.bourdelle.paris.fr
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