En 2015, près de 65 % des galeries de la Fiac étaient également présentes à Bâle

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Le 2 novembre 2015 - 557 mots

PARIS [02.11.15] - En 8 éditions, le nombre de galeries présentes à la Fiac qui exposent aussi à la foire de Bâle a bondi de 37 % à 65 %. Cette évolution traduit l’attractivité de la manifestation parisienne et soulève la question de son positionnement.

En 2007, 37 % des galeries présentes à la Fiac faisaient partie de la sélection proposée par Art Basel quelques mois plus tôt. En 2014, ce pourcentage s’élevait à 60 %. La célèbre foire d’art contemporaine suisse tend au fil des années à faire office de modèle pour la Fiac. Cette proximité était encore plus manifeste en 2015. Parmi les galeries présentes au Grand Palais, 65 % figuraient déjà dans la liste des galeries retenues par Art Basel.

Avec un périmètre bien plus réduit - 175 galeries contre 283 pour Bâle, secteurs « statements » et « features » inclus- la Fiac bénéfice d’un réservoir de galeries importantes dans lequel puiser, plus large que ses capacités, notamment avec les galeries américaines.

Devenir une vitrine internationale de l’art contemporain nécessitait pour la foire française de faire la part belle aux galeries d’outre-Atlantique puisque c’est là que se tient le centre du marché de l’art international depuis le milieu des années 1960. Les galeries américaines ont connu une évolution majeure sur la période au sein du Grand Palais. Non seulement leur nombre a doublé entre 2007 et 2015, passant de 18 à 37, mais en outre plus de deux tiers de celles qui étaient présentes cette année étaient également de la partie à Bâle en 2015.

Les galeries anglaises et allemandes sont également marquées par cette gémellité avec Bâle. 63 % des galeries britanniques présentes cette année au Grand Palais faisaient aussi partie de la sélection 2015 d’Art Basel alors qu’en 2007 on en comptait 40 %. Pour l’Allemagne, les similitudes entre les deux foires sont encore plus marquées, cette année, ce n’est pas moins de 82 % des galeries de la Fiac que l’on avait pu déjà croiser dans les allées de Bâle quelques mois plus tôt.

En dépit de ce rapprochement, des différences subsistent puisqu’un tiers de la sélection de la Fiac ne se retrouve pas à Bâle. Mais la foire parisienne n’en profite pas pour élargir sa représentativité internationale puisque ce sont encore les galeries françaises, américaines, allemandes et britanniques qui constituent l’essentiel du tiers restant. La plus grosse proportion est naturellement formée par les galeries françaises avec un peu moins de 40 % du total, viennent ensuite les galeries américaines pour 16 %. Les galeries allemandes et anglaises comptent respectivement pour 8 et 10 %.

Inscrite dans le sillage de Bâle, la Fiac offre encore à ce jour à quelques galeries de taille moyenne l’opportunité de participer au jeu international. Pour autant le rapprochement croissant de la sélection de la Fiac avec celle de Bâle, s’il traduit la capacité d’attraction de la foire, pose la question de l’uniformisation croissante du marché de l’art international dominé par quelques grosses structures. La Fiac semble être à ce jour à un point critique de son histoire où elle se doit de choisir entre se glisser plus encore dans le sillage de Bâle ou se doter d’une identité propre tout en conservant une forte image qualitative.

Pourcentage par pays de galeries présentes à la fois à la Fiac et à Bâle

Pourcentage par pays de galeries presentes a la fois a la Fiac et a Bale

Les galeries présentes à la Fiac et absentes à Bâle - Répartition par pays

Les galeries presentes a la Fiac et absentes a Bale - Répartition par pays

Légende photo

La Fiac quelques heures avant le vernissage au Grand Palais, le 23 octobre 2015 - © photo Ludosane pour LeJournaldesArts.fr

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