Samedi 26 septembre 2020

Dossier

Spécial Van Gogh

Les plus grands musées, tels le Metropolitan Museum de New York, Orsay, ou même le Van Gogh Museum, exposeraient des Van Gogh contestés. De nouvelles preuves abondent dans ce sens, même si certains experts et conservateurs restent convaincus de l’authenticité des toiles mises en cause. Le débat feutré, cantonné dans le monde des historiens de l’art et des conservateurs, s’est élargi récemment à celui de chercheurs plus agressifs, dont l’activité est souvent vue d’un mauvais œil par les premiers. Il a pris les traits d’une polémique qui a gagné l’Internet. Notre enquête montre que plus d’une centaine d’œuvres de Van Gogh prêtent aujourd’hui à controverse. Certaines toiles confiées aux frères Van Gogh dans les années 1880 ont pu être prises par la suite, à tort, pour des tableaux de Vincent. Toutefois, dans la plupart des cas, les œuvres douteuses sont probablement des faux, sciemment exécutés. Si le Musée Van Gogh réexamine en profondeur les œuvres qu’il possède, une telle étude devrait être menée à l’échelle mondiale pour tous les \"Van Gogh\" recensés dans des collections publiques ou en mains privées.

Nous avons confié cette enquête à Martin Bailey, correspondant de notre partenaire éditorial The Art Newspaper et auteur des ouvrages Vincent van Gogh, Letters from Provence (Collins & Brown), Young Vincent. The story Van Gogh’s years in England (Allison & Busby). Martin Bailey a également été le commissaire de l’exposition \"Van Gogh in England\" à la Barbican Art Gallery en 1992. Un premier article, consacré à l’historique du débat sur les faux depuis le scandale Wacker de 1928, souligne l’importance de la provenance, et notamment celle de la collection familiale de l’artiste. Il révèle en outre les premiers résultats d’une importante recherche sur les œuvres sur papier, moins étudiées jusqu’à présent que les peintures. Selon son auteur, onze œuvres, recensées dans le catalogue raisonné de Jan Hulsker, ne seraient pas authentiques. Suivent quatre études concrètes de tableaux dans des collections publiques, confrontant les remises en cause d’experts aux certitudes des conservateurs : deux autoportraits (Musées de La Haye et Metropolitan de New York), une nature morte (Musée Van Gogh d’Amsterdam) et L’hôpital Saint-Paul à Saint Rémy (Musée d’Orsay). Cette dernière toile est actuellement soumise à un examen détaillé aux rayons X et aux infrarouges. Enfin, le monde de Van Gogh n’est pas peuplé que de faux. Nous consacrons la dernière page de ce Vernissage aux douze découvertes reconnues comme authentiques depuis les années quatre-vingt.


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