Mardi 11 décembre 2018

Disparition du célèbre critique d’art britannique John Berger

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 4 janvier 2017 - 391 mots

PARIS [04.01.17] – L’écrivain engagé et critique d’art John Berger s’est éteint lundi 2 janvier à l’âge de 90 ans à son domicile de la banlieue parisienne. Il s’était fait connaître outre-manche en popularisant intelligemment l’art avec la série télévisée « Ways of Seeing » diffusée sur la BBC, adaptée dans un roman éponyme.

La presse anglo-saxonne a largement annoncé le décès, lundi 2 janvier, du critique d’art britannique John Berger. Tandis qu’Adrian Searle lui rendait un vibrant hommage dans une tribune publiée dans The Guardian, son confrère Randy Kennedy dressait, dans The New York Times, un portrait élogieux de cet « intellectuel devenu une célébrité anti culturelle dans les années 70 au Royaume-Uni ». De nombreux messages témoignant de l’estime que portait le milieu artistique pour cet homme engagé ont ensuite traversé les réseaux sociaux.

Né à Londres en 1926, John Berger est connu pour avoir contribué à démocratiser l’art auprès du grand public grâce à une émission diffusée en 1972 en quatre parties sur la BBC. Cette série sur l’étude des images, en partie inspirée de l’essai de Walter Benjamin intitulée The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction (L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique), a ensuite été adaptée dans son livre Ways of seeing.

La même année, il avait remporté le Booker prize – le plus prestigieux prix littéraire anglo-saxon – pour son roman G.  (lire G point). Car au-delà de la critique l’art, John Berger s’intéressait à un nombre incalculable de domaines en défendant le décloisonnement et la subversion.

Son fils, le cinéaste suisse Jacob Berger, a ainsi déclaré à l’AFP : « Il n’y a pas un texte de John qui ne soit imprégné d’un regard politique ». « C’était un ami du sous-commandant Marcos, c’était un ami du peuple palestinien (…) qui avait une position politique extrêmement forte sans être un communiste borné et dogmatique. » Il s’était d’ailleurs installé en France pour fuir l’Angleterre « extrêmement anticommuniste » des « années 1950 et du début des années 1960 ».

Récemment, John Berger a fait l’objet d’un documentaire, The Seasons in Quincy: Four Portraits of John Berger  (2016), un film produit par Colin MacCabe, Bartek Dziadosz, Christopher Roth et Tilda Swinton. On le voit dans sa maison à Quincy (Haute-Savoie), où il s’était retiré avec sa femme loin de toute médiatisation.

Légende photo

John Berger, 2016 © AFP / ULF ANDERSEN / AURIMAGES

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