Disparition de Jean-François Jarrige

Par Cléo Garcia · lejournaldesarts.fr

Le 18 novembre 2014 - 425 mots

PARIS [18.11.14] – Le président honoraire du Musée national des arts asiatiques – Guimet s’est éteint des suites d’une longue maladie. Sa figure a fortement marqué l’histoire du musée qu’il a dirigé et présidé à partir de 1986.

Jean-François Jarrige s’est éteint mardi 18 novembre 2014, à l’âge de 74 ans des suites d’un long combat contre la maladie, a annoncé le Musée national des arts asiatiques – Guimet (MNAAG) dont il était le président honoraire. La vie professionnelle de Jean-François Jarrige est intimement liée à l’histoire de l’institution.

Il en fut le directeur durant dix-huit ans, de 1986 à 2008, puis le président après la transformation du musée en établissement public en 2004. C’est sous sa direction que le musée a bénéficié d’une importante restructuration par les architectes Henri et Bruno Gaudin et fut inauguré en 2001 en présence du président Chirac.

Né en 1940 à Lourdes, il débute dans le milieu de la recherche archéologique en tant que stagiaire au CNRS et à la mission archéologique de l’Indus dans les années 1960. En 1967, il est diplômé de l’École du Louvre et, de 1967 à 1969, lecteur à l’Université de Lucknow en Inde. En 1971, il obtient son doctorat en archéologie, se spécialisant dans la protohistoire et l’archéologie orientale. Il est successivement attaché de recherche, puis chargé de recherches, maître de recherche et, en 1983, directeur de recherche au CNRS. Dans les années 1970 et 1980, il dirige les fouilles de Pirak, de Mehrgarh et celles de Nausharo. A partir de 1975, il prend la tête du centre de recherches archéologiques Indus-Balochistan du CNRS et de la mission archéologique de l’Indus. En 1986, il intègre le corps des conservateurs du patrimoine et prend la direction du Musée national des arts asiatiques – Guimet.

Il conduisit dans ce musée une politique d’enrichissement des collections et y fit notamment réinstaller l’ensemble du « Panthéon bouddhique japonais », dont le mandala du Toji que le collectionneur Emile Guimet rapporta en 1877.

Ses responsabilités au MNAAG n’ont en rien freiné l’intensité de son travail dans le domaine de l’archéologie orientale : il continua en parallèle à dispenser ses cours à l’Ecole du Louvre. Il ponctua sa vie de nombreuses publications, comme son récent ouvrage consacré aux fouilles de Nindowari.

Conservateur général honoraire du patrimoine, Jean-François Jarrige était membre et président de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il fut honoré par la distinction de commandeur de la Légion d'honneur, de commandeur de l'Ordre national du Mérite, de commandeur des Palmes académiques et décoré de l’ordre pakistanais de l’Etoile.

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Jean-François Jarrige - 2007 - © Photo Benoît Linero pour L'oeil

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