Dessine-moi un architecte

À cinquante ans Christian de Portzamparc ressemble toujours à un \"Petit Prince\", sensible, intériorisé, fragile. Il vit sur la planète vedette de l’architecture française mais n’a pas adopté ses signes extérieurs.

Architecte, il est également peintre et dessinateur, son dessin tantôt se confondant avec son architecture, tantôt étant une libération face à une discipline contraignante. Attiré par la psychanalyse, il reconnaît une large place à l’inconscient dans son travail. Cet inventif, attentif à la pluralité des expressions, n’aime pas a fortiori être enfermé dans un style, sous une étiquette. On le dit discret et raffiné, il achève actuellement une tour spectaculaire à Euralille, en forme de sabot juché sur la gare du TGV.

Son parcours a embrassé les multiples destinations de l’architecture : logements, bureaux, musée, centres culturels, écoles, café, boutique et projets d’urbanisme. Diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris un an après Mai 68, il commence à se faire connaître dès les années 70. Après une maison à Noirmoutier (1969), il reçoit sa première commande publique : un château d’eau situé au centre de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, en région parisienne (1971, 1974). Il en fait une sorte de Tour de Babel, habillée d’un treillage à mailles fines, couvert de plantes grimpantes. En 1975, il construit ses premiers logements et joue sur l’élégance et la simplicité alors que le temps est plutôt aux barres brutales pour le logement social : 210 appartements dans le XIIIe arrondissement de Paris, rue des Hautes-Formes.

Suit, en 1981, le conservatoire Erik Satie du VIIe arrondissement, qui le prépare à l’école de danse de Nanterre (1983) et à son projet le plus connu, la Cité de la Musique du parc de la Villette, dont la deuxième tranche est en cours d’achèvement. En 1988, il pénètre le monde des musées en réalisant l’extension du Musée Bourdelle à Paris.

Christian de Portzamparc a réalisé ses projets essentiellement en France. Il fait néanmoins partie des rares architectes à avoir été invités au Japon, où il a construit un ensemble de logements au sud de l’archipel, sur l’île de Kyushu, à Fukuoka (1989). Il a participé, trois ans plus tard, à un concours
à Nara pour un centre de congrès et une salle de concerts.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Dessine-moi un architecte

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