Des rouleaux de papyrus antiques carbonisés par l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. bientôt déchiffrables ?

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 22 janvier 2015 - 373 mots

GRENOBLE (RHÔNE-ALPES) [22.01.15] – Une équipe de chercheurs français et italiens ont mis au point une technologie permettant de visualiser le contenu des rouleaux de papyrus d’Herculanum, carbonisés depuis 79 après Jésus-Christ lors de l’éruption du mont Vésuve, sans avoir à les dérouler.

Les papyrus d’Herculanum pourraient bientôt être déchiffrés. Ces manuscrits découverts sous les ruines d’Herculanum, une ville romaine située non loin de Pompéi et qui fut comme elle anéantie et ensevelie sous les cendres du Vésuve, ont été figés sous la forme de rouleaux, ce qui les rend quasiment impossible à dérouler sans les briser.

Des chercheurs de l’ESFR de Grenoble, du CNRS et du CNR italien ont développé une technique permettant de visualiser leur contenu sans avoir à dérouler ces objets, longs de 3 à 15 mètres lorsqu’ils sont déployés. Le 20 janvier 2015, une publication dans la revue Nature Communications a fait part d’une utilisation « d’imagerie à rayons X à contraste de phase » rendant possible la lecture des papyrus.

Depuis leur découverte par des archéologues du XVIIIe siècle qui dégagèrent la ville de son manteau minéral, plusieurs méthodes furent employées pour tenter de dérouler les rouleaux. Les différentes expérimentations se sont avérées néfastes pour les manuscrits, parfois réduits en miettes. Ce n’est pas la première fois que des chercheurs proposent une solution pour pouvoir visualiser les écrits sans toucher aux objets, mais l’utilisation classique de rayons X ne s’était pas montrée adaptée car l’encre à base de carbone se différenciait à peine du support lui aussi carbonisé. Désormais, grâce à l'émission de rayons X à haute énergie produits par un accélérateur de particules, les différentes lettres de l'alphabet grec inscrites sur les papyrus seront visibles grâce à leur légère épaisseur apposée sur le support d’écriture. Cette technique permettrait actuellement selon les chercheurs d'identifier vingt-deux lettres sur les vingt-quatre lettres de l’alphabet grec. Plusieurs mots auraient à l’heure actuelle déjà été déchiffrés.

Environ 1 800 rouleaux pourraient ainsi livrer leurs secrets. Parmi eux figurent notamment des traités philosophiques épicuriens, que les chercheurs datent entre le IIIe et le Ier siècle avant Jésus-Christ. Si les moyens sont réunis, « une décennie devrait être suffisante pour faire la lecture des rouleaux », assure le chercheur italien Vito Mocella. (Avec AFP)

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