Des fissures menacent le site de Petra en Jordanie

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 19 mars 2010 - 459 mots

PETRA (JORDANIE) [19.03.10] – Des brèches sur les parois du Siq, principale artère de la ville nabatéenne de Pétra, préoccupent les experts et menacent la préservation du site vieux de plus de 2000 ans, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Des segments de grès fragilisés du Siq, gorge qui s’étend sur 1 200 mètres et qui mène sur la magnifique façade du Khazneh – un des plus beaux tombeaux monumentaux de la ville de Pétra – risquent de s’effondrer. S’adressant à un journaliste du Jordan Times, les experts tirent la sonnette d’alarme et appellent à une attention urgente pour la sécurité du site et des touristes – le site accueille plus de 700 000 touristes par an.

Selon le Petra National Trust (PNT) et le Parc archéologique de Pétra (PAP), la stabilité géophysique du site est préoccupante depuis la découverte en mars 2009 d’une fissure longue de plusieurs mètres sur les parois de l’artère. En avril, un pan de la paroi s’effondra sans, heureusement, faire de victimes.

L’incident a conduit à la formation d’un comité d’urgence dirigé par le directeur du Département des antiquités (DoA), Fawwaz Khraysheh et les chefs du PNT et du PAP et parmi lequel figure des experts de l’Unesco.

En octobre 2009, la fissure a été scellée pour empêcher les infiltrations d’eau et de déstabiliser encore plus la paroi dont les mouvements sont surveillés. Cependant, aujourd’hui – presque un an après la découverte de la faille – les experts ne sont toujours pas arrivés à ancrer solidement la roche. Un retard que le PAP attribue au manque de moyens financiers.

Suite à une subvention du gouvernement, le DoA envisage la réalisation de travaux coûteux et sensibles – de nuit pour ne pas perturber les activités touristiques et qui nécessite un personnel hautement qualifié – à partir de juin 2010.

Dans l’attente de l’intervention, un autre événement survenu en février 2010 a souligné encore une fois l’urgence du problème : l’effondrement d’une petite chambre funéraire et de sa façade. Un travail supplémentaire est alors nécessaire pour préserver l’intégrité du site.

Les experts se demandent si les chutes de pierre sont dues à l’érosion naturelle du site millénaire ou le résultat du développement des aménagements touristiques ou encore à la combinaison d’éléments à la fois naturels et humains qui ont affaibli les structures.

Une évaluation globale des risques immédiats et à long terme est nécessaire pour ne pas dire indispensable. Le budget du site alloué à la conservation ne suffit plus étant donné les mesures qui doivent être mises en œuvre pour éviter une catastrophe.

Or, celles-ci sont très onéreuses et le site manque de fonds. Le PNT et le DoA ont demandé de l’aide de l’Unesco qui ne s’est pas encore manifesté selon le Jordan Times.

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque