Jeudi 13 décembre 2018

David Arendt quitte la direction générale du Freeport de Luxembourg

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 16 décembre 2016 - 642 mots

LUXEMBOURG [16.12.16] - le Groupe Natural Le Coultre Luxembourg et son directeur général David Arendt ont décidé d’un commun accord de terminer leur collaboration au 31 décembre 2016. David Arendt a tenu à rappeler au Journal des Arts le rôle précurseur du Freeport du Luxembourg dans la lutte anti-blanchiment.

Réuni le 8 décembre 2016, le conseil d’Administration du Freeport Luxembourg a pris acte de la démission de son directeur général, David Arendt, a indiqué la société dans un communiqué. Estimant avoir accompli tout ce qu’il était en mesure de réaliser après quatre années dans ses fonctions de directeur-général et d’administrateur-délégué des 3 sociétés du Freeport (la société immobilière, la société de gestion, et la holding), David Arendt a indiqué au Journal des Arts mettre à profit cette fin d’année pour définir ses nouveaux projets.

Depuis la création du Freeport en bordure de la zone aéroportuaire du Findel (à Senningerberg) en septembre 2014, David Arendt est parvenu à « accompagner les travaux et la mise en service d’un ensemble immobilier unique et de haute valeur technologique […] et a su animer avec dynamisme le développement du Freeport Luxembourg malgré un environnement économique international difficile » a salué le conseil d’administration.

Avec seulement 60 % de la surface d’entreposage occupée, le Freeport a rencontré d’autres difficultés, d’abord en termes d’images, ensuite en raison d’un durcissement de la législation. Dans les deux cas, le Freeport a essayé de tirer profit de la situation. En avril dernier, le conseil d’administration a été remanié, mettant en retrait les actionnaires privés de la holding, Yves Bouvier (actionnaire majoritaire, désormais privé de son droit de vote) et Olivier Thomas. Des administrateurs indépendants issus de la sphère publique ont alors apporté un souffle nouveau –les Luxembourgeois Robert Goebbels (ministre grand-ducal LSAP) et Alphonse Berns (ancien haut fonctionnaire du ministère des Finances en charge de la fiscalité) ainsi que le Français (résident luxembourgeois) Philippe Dauvergne, un ancien des douanes françaises– portant à six le nombre de membres au conseil d’administration (David Arendt compris).

Par ailleurs, le renforcement de la législation, avec l’application dès 2015 de la loi relative à la lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme (2004) aux transitaires-opérateurs du Freeport, a finalement permis à la zone franche de se dédouaner de tout soupçon de fraude et d’opacité. Une mesure dont se félicite David Arendt, qui n’a pas manqué de souligner au Journal des Arts le rôle précurseur du Freeport de Luxembourg dans la règlementation dite AML. Selon lui, le port franc du Luxembourg assure une transparence totale vis-à-vis des autorités, autant par rapport au client que par rapport à la marchandise entreposée. Les transitaires-opérateurs du Freeport (qui doivent être titulaires d’une licence accordée par la douane) ont l’obligation de vérifier l’identité de leur client, a-t-il souligné. A ce titre, si le client est une société off-shore, les transitaires-opérateurs doivent en connaître le bénéficiaire économique, une mesure qui fait encore défaut aux Ports Francs de Genève.

« De même, toute entrée et sortie de marchandise fait l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’administration des douanes et accises (ADA) et la provenance des œuvres est vérifiée au regard des bases de données d’œuvres d’art ou biens archéologiques volés ou spoliés », a ajouté David Arendt. Une disposition appliquée partiellement et seulement depuis septembre 2016 par les Ports Francs de Genève. En outre, « l’ADA inspecte toute marchandise à l’entrée pour s’assurer de la concordance de la marchandise déclarée avec la marchandise introduite et les changements de propriété pendant le séjour de la marchandise au Freeport doivent être déclarés à l’ADA. ». Au-delà de la location d’espaces d’entreposage, la société de gestion du Freeport loue aussi des bureaux à des professionnels du milieu (courtiers d’assurances, experts, conseillers en art), un atelier de restauration, des showrooms pour l’exposition privée d’œuvres entreposées et privatise des espaces dans le cadre d’évènements divers.

Légende photo

David Arendt, 2014 - Photo Free Port

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