Crise de la construction européenne : le toit du musée européen de Schengen s'effondre

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 12 mai 2016

LUXEMBOURG [11.05.16] - Le plafond du Musée européen de la petite ville luxembourgeoise de Schengen, haut-lieu de l'intégration de l'UE, vient de s'effondrer soudainement, comme une allégorie, diront certains, de la grave crise de la construction européenne.

C'est au moment de la fermeture, mardi, peu après 18H00 (16H00 GMT), que le plafond du musée s'est affaissé sur un tiers de sa superficie, sans faire de blessés parmi les deux visiteurs et l'employé se trouvant encore à l'intérieur.

"C'est le signe qu'il faudra faire des travaux", a prosaïquement dit à l'AFP Ben Homan, le bourgmestre (maire) de Schengen, dont le nom est associé depuis 30 ans à la libre-circulation des biens, services et personnes, l'un des acquis les plus concrets de la construction européenne.

S'il refuse d'y voir un "symbole" de la grave crise migratoire qui fracture l'Europe, M. Homan a toutefois exhorté l'Union européenne à "tout faire pour que cet espace soit préservé".

C'est à Schengen, village planté de vignes en bordure de la Moselle, que cinq Etats membres de l'UE (l'Allemagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg) "ont signé le 14 juin 1985 sur le bateau « Princesse Marie-Astrid » un accord prévoyant la suppression des contrôles des personnes à leurs frontières intérieures", rappelle le musée sur son site.

L'accord, aujourd'hui adopté par 22 pays de l'UE mais aussi l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, est entré en vigueur en 1995. Mais, débordés par l'afflux de réfugiés, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège ont rétabli l'an dernier des contrôles à leurs frontières.

Roger Weber, le président de l'association qui gère le musée, espère "pouvoir rouvrir dans 15 jours". Le musée retrace l'évolution des frontières de l'Europe de 1815 à nos jours avec des cartes interactives, rappelle l'activité des contrebandiers, expose des képis de douaniers et propose à ses visiteurs de fabriquer, dans une machine, un passeport.

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