Dimanche 21 octobre 2018

Le verre en son écrin

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 17 octobre 2016 - 496 mots

SARS-POTERIE - Comment construire un musée de 3 400 m2 dans un bourg de 1 500 habitants ? Réponse : en faisant montre de modestie. « J’ai souhaité mettre en place une présence silencieuse », explique Raphaël Voinchet, de l’agence W-Architectures (Toulouse/Tarbes/Paris), auteur
du nouveau Musée du verre de Sars-Poterie, le « MusVerre »,qui a ouvert le 1er octobre 2016.

Sur la façade principale, celle de l’entrée, aucune signalétique. Seule l’esthétique contemporaine mettra la puce à l’oreille du visiteur : « Une géométrie relativement simple et une palette restreinte de matériaux », selon Voinchet, dont un splendide revêtement en pierre bleue du Hainaut (Belgique) –  pas moins de 850 tonnes ! –, qui a fait l’objet d’un rigoureux calepinage et qui a été déployé aussi bien sur l’ensemble des façades du bâtiment qu’au sol, à l’extérieur. Pour l’architecte, le site était d’ailleurs une question primordiale. D’abord, le terrain lui-même, car il a fallu gérer une déclivité de sept mètres entre la route, au sud, par laquelle on parvient au musée, et le fond de la parcelle, au nord. Ensuite, le paysage alentour, un panorama typique de cette région de l’Avesnois, truffé de bocages et d’un réseau de haies qui soulignent à l’envi sa topographie. D’où cette volonté de « segmenter l’édifice en cinq ailes, tels les doigts d’une main, pour être à l’échelle des bâtiments existants et organiser des respirations entre ces cinq éléments qui répondent aux cinq grandes fonctions du programme », précise Raphaël Voinchet. Le premier comporte notamment un vaste hall d’entrée, sous lequel se dissimulent les réserves, ainsi qu’une salle multifonctionnelle. Le second, baptisé « Grand angle » à cause de sa fenêtre en angle, intègre la salle d’exposition temporaire. Le troisième, le plus volumineux, accueille la collection permanente, quelque 500 pièces (sur un total de 3 550) réparties sur 1 000 m2. Le quatrième, intitulé « La Fabrique », consiste en deux grands ateliers d’expression artistique. Enfin, la cinquième et dernière aile, surnommée « La Bulle », réunit les bureaux de l’administration. L’intérieur, lui aussi, se plie à la sobriété : murs de béton brut gris clair et sol en résine blanche. Depuis le hall d’entrée, en guise de mise en bouche, une large baie horizontale autorise une vue en contre-plongée sur la vaste salle qui, un niveau au-dessous, accueille la majorité des pièces contemporaines de l’exposition permanente. Le visiteur pourra rejoindre cet espace baigné de lumière naturelle après avoir déambulé dans les trois salles « historiques », déployées au rez-de-chaussée façon cabinets de curiosités. Coût des travaux : 14,9 millions d’euros TTC.

À savoir

La collection de verre du MusVerre, l’une des plus importantes en Europe, se compose d’environ 800 « bousillés » – pièces que les ouvrier des deux verreries de Sars-Poterie réalisaient pour leur plaisir, pendant leur temps de pause, avec l’autorisation du patron –, 750 œuvres d’art du monde entier, datant des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, et 2 000 objets usuels, produits semi-industriels jadis fabriqués dans les verreries sarséennes.

À voir

Musée du verre MusVerre, 76, rue du Général-de-Gaulle, Sars-Poterie (59), www.musverre.lenord.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°695 du 1 novembre 2016, avec le titre suivant : Le verre en son écrin

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