Biennale

Le pavillon lituanien à Venise fait relâche 6 jours sur 7

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 5 juin 2019 - 400 mots

VENISE / ITALIE

Le Lion d’or ne peut exécuter son installation qu’un jour par semaine, laissant les visiteurs des autres jours sur leur faim.

Pavillon de la Lituanie, Sun & Sea (Marina), Lion d'Or de la 58eme Biennale de Venise. © Photo Andrea Avezzù.
Pavillon de la Lituanie, Sun & Sea (Marina), Lion d'Or de la 58e Biennale de Venise
© Photo Andrea Avezzù

Primé par un Lion d’or, le pavillon lituanien est devenu un incontournable de la 58e édition de la Biennale de Venise. Pourtant Sun & Sea, l’opéra-performance à laquelle la Lituanie doit sa récompense, n’est plus visible dans son intégralité que le samedi. Contraints financièrement, la commissaire du pavillon ont dû réduire la fréquence des performances qui l’animaient.

Lors de la semaine de vernissage à la mi-mai, Sun & Sea proposait chaque jour une performance de chanteurs. Dans un ancien bâtiment militaire proche de l’Arsenal, ils vaquaient sur une plage artificielle, 8 heures durant, en entonnant des chants sur le thème de la catastrophe écologique.

Anticipant le coût de l’installation et de la rémunération des acteurs, Rugile Barzdziukaite, Vaiva Grainyte et Lina Lapelyte, les créateurs de Sun & Sea, avaient lancé une campagne d’appel aux dons avant même l’ouverture du pavillon.
 
N’escomptant qu’une poignée de visiteurs – et certainement pas un prix - les artistes lituaniens prévoyaient également d’organiser des pauses durant la performance pour réaliser des économies.

La remise du Lion d’or du meilleur pavillon à l’espace lituanien a encouragé les dons, dont le total atteignait 41 000 dollars en fin de semaine dernière, mais également multiplié le nombre de visiteurs.

La fréquentation est telle que la performance devrait être réalisée en continu et quotidiennement, comme à ses débuts. Toutefois, la trésorerie du pavillon ne le permet plus qu’un jour par semaine. Le reste du temps, la proposition lituanienne se limite à un décor de sable sur fond sonore préalablement enregistré.

Lucia Pietroiusti, la commissaire du pavillon, soutient que cette version réduite de Sun & Sea délivre néanmoins « un message fort » à propos « du soutien que nécessite l’art », rapporte le New York Times. « Notre ambition maximum est de pouvoir proposer la performance les mercredi », a-t-elle également précisé. Ce calendrier resterait néanmoins déceptif pour les visiteurs qui n’auraient pas la chance de s’y rendre à ces jours précis.

On peut s’interroger sur la pertinence de la présence, à la Biennale de Venise, d’une œuvre dont les créateurs n’avaient dès l’origine pas prévu la pérennité. Autre point d’interrogation, la valeur artistique de Sun & Sea, sans la présence des acteurs. Certains y verront une installation à part entière, d’autres repartiront avec une pointe d’amertume.

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