Dimanche 25 octobre 2020

Biennale

La biennale de Rennes 2014 veut oublier l’échec de l’édition précédente

Par Marion Le Bec · lejournaldesarts.fr

Le 1 avril 2014 - 734 mots

RENNES [01.04.14] – La programmation des Ateliers de Rennes – biennale d’art contemporain pour 2014 a été annoncée par sa nouvelle commissaire, Zoë Gray, et son financeur Bruno Caron. Cette 4e édition qui se tiendra du 27 septembre au 30 novembre 2014, veut enclencher une nouvelle dynamique après les déboires de l’édition précédente.

Après avoir évincé la commissaire d’exposition Anne Bonnin à la suite de l’édition 2012 des Ateliers de Rennes, les organisateurs de la biennale ont pris le parti d’une programmation plus accessible et d’une logistique simplifiée, en espérant relancer une manifestation en perte de vitesse depuis l’édition précédente. Avec ses 57 000 visiteurs, Les Prairies de 2012 n’avaient en effet pas été à la hauteur des attentes du public ni de la communauté artistique.

Un appel d’offre avait retenu l’équipe constituée par la commissaire d’exposition Anne Bonnin au sein de l’association Lucidar pour deux éditions de la biennale de Rennes en 2012 et 2014. Cependant, pour des raisons qui n’ont pas été commentées par l’organisateur Art Norac, il y eu rupture de contrat et embauche d’une toute nouvelle équipe pour 2014.

Des critiques avaient été portées concernant la dimension pas assez locale de la manifestation. La commissaire y avait répondu en invoquant alors la complexité de la tâche qui lui était dévolue, ainsi qu’à son équipe, empêchant une régularité dans les rapports avec les acteurs régionaux. De multiples incidents techniques avaient entraîné une fermeture de 3 semaines de la biennale et donc des pertes de billetterie. Le choix du site principal, le New Way Mabilais, bâtiment des années 1970 en travaux à l’époque fut en effet victime des intempéries peu de temps après l’inauguration de l’exposition et les œuvres durent être protégées des infiltrations.

A la question d’un journaliste concernant le bilan « peu concluant » de 2012, Bruno Caron se défendait d’ailleurs - lors de la conférence de presse annonçant le programme pour 2014 - en rappelant ces intempéries qui auraient eu des « répercussions néfastes sur le moral de l’équipe et les relations entre les membres ».

C’est ainsi à Zoë Gray que revient le commissariat de la biennale et à Troisième Pôle, agence de conseil et d’ingénierie culturelle, la mise en œuvre de l’événement. La délégation de la médiation et de la communication à une agence spécialisée fait notamment suite aux déclarations des producteurs et initiateurs du projet au sujet d’un manque de visibilité et de clarté en 2012. La nouvelle commissaire, Zoë Gray a pour ambition de faire de la biennale un lieu « ouvert et accessible » en essayant d’attirer de nouveaux publics. Play Time, un nom évocateur, abordera trois thèmes dans trois lieux différents de la capitale bretonne : le jeu à la Halle de la Courrouze, la paresse au Musée des beaux-arts et le travail au Frac Bretagne. La Halle de la Courrouze succède au Couvent des Jacobins et au New Way Mabilais. Actuellement en travaux, son inauguration coïncidera avec l’ouverture de la biennale en septembre 2014. La participation d’autres lieux d’art rennais fera également écho à la programmation initiale des trois sites.

Sur le volet financier de la biennale, seuls les partenariats institutionnels ont été mentionnés, les collaborations avec des entreprises privées étant en cours d’élaboration. En 2012, la ville de Rennes soutenait le projet à hauteur de 500 000 euros. Le PS ayant conservé la mairie après les élections de dimanche dernier, Nathalie Appéré, le nouveau maire, devrait renouveler les subventions versées par son prédécesseur, Daniel Delaveau. La plupart des mécénats apportés à la biennale en 2012 avaient pour origine le bassin rennais avec des petites et moyennes entreprises locales plus ou moins concernées par le milieu artistique.

L’association Art Norac, créée par Bruno Caron, a lancé en 2006 le projet des Ateliers de Rennes avec pour objectif « d’établir un pont entre le travail en entreprise et le travail de l’artiste ». Les relations entre l’art et l’économie passent, pour la prochaine édition de la biennale, par une confrontation entre « la glorification ambiante du travail (comme réalisation ultime de soi) et des notions comme le jeu, la paresse, l’indolence, le repos, situés à l’opposé de la productivité », selon les mots de la commissaire Zoë Gray. Play Time se veut donc résolument plus ludique et moins élitiste, tout en donnant une dimension internationale au projet qui passe aux mains - et cela est une nouveauté également - d’une anglophone puisque Zoë Gray est d’origine anglaise et vit à Bruxelles.

Légende photo

Musée des Beaux-Arts de Rennes, un des lieux de la Biennale - © Photo XIIIfromTOKYO - 2009 - Licence CC BY-SA 3.0

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