Samedi 14 décembre 2019

Architecture

Dormir et rêver dans l’art bariolé de Jorge Pardo

Par Anne-Cécile Sanchez · L'ŒIL

Le 20 décembre 2018 - 314 mots

ARLES

Arles -  Voyageurs, songez qu’entre les murs de l’hôtel Arlatan, quelque 1 600 ans d’histoire vous observent.

De la basilique civile édifiée en 400 av. J.-C. au complexe palatial du XIIe siècle – auquel furent ajoutés plus tard plafonds polychromes et cheminées de marbre –, le millefeuille architectural a de quoi impressionner un décorateur d’intérieur. Mais pas Jorge Pardo. Invité par Maja Hoffmann, la fondatrice de la Fondation Luma, à concevoir un projet d’aménagement pour cet établissement de luxe qui a rouvert le 13 octobre 2018, l’artiste américain l’a abordé, selon son habitude, sans idées préconçues. Il y a quatre ans, il avait imaginé autour de la collection de chapiteaux de monastères du Musée des Augustins, à Toulouse, une installation excentrique, pour ne pas dire kitsch, en tout cas haute en couleur et décomplexée. C’est avec la même énergie joyeuse que l’artiste, installé depuis dix ans dans le Yucatán et qui ne connaissait pas Arles, a investi l’ensemble de bâtiments composite en décidant, d’abord, de l’unifier par une immense mosaïque de céramique émaillée recouvrant le sol, les murs et jusqu’aux baignoires des chambres, variant de couleurs et de formes à partir d’un motif de fleur stylisée. « J’ai conçu l’ensemble à l’instar d’un tableau », explique Jorge Pardo, qui a par ailleurs dessiné une partie du mobilier et des luminaires, et peint plus de cent portes. Pour ces dernières, il est parti de photos prises au jour le jour – de sa fille, de Maja Hoffmann, des ouvriers du chantier, de Philippe Parreno – qu’il a reproduites à la main. Le résultat ? Dans le magazine Arles, qui lui consacre un portfolio, Pardo espère que « c’est un peu plus que de la décoration ». Et ajoute : « Au fond, l’art, ici, ce n’est qu’un moyen, un truc, une machine à faire réfléchir sur la manière dont on voit. » Un tour de (ch)arlatan ? De grand illusionniste, c’est sûr.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°719 du 1 janvier 2019, avec le titre suivant : Dormir et rêver dans l’art bariolé de Jorge Pardo

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