Mercredi 17 octobre 2018

Architecture

Karuisawa : Coquilles vides pour musées fermés

Distillerie, whisky et œuvres d’art

Premier invité, la Fondation Maeght

Par Francis Rambert · Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994 - 454 mots

Au Japon, Jean-Michel Wilmotte aménage un musée d’un genre nouveau pour le compte d’un grand fabricant de whisky. La Réunion des musées nationaux (RMN) va y tenir boutique.

KARUISAWA - Le Japon est l’empire des coquilles vides. Depuis les années 80, il s’y construit des musées sans collection, de magnifiques boîtes dessinées par les plus grands architectes, mais sans contenu.
Le Musée Mercian, du nom d’un fabricant de whisky japonais, s’inscrit dans ce contexte, en s’affirmant toutefois comme un véritable musée temporaire. à l’instar d’un garde-meuble, il propose d’accueillir les collections des musées en rénovation.

Karuisawa pourrait sembler perdu dans les montagnes, à deux cents kilomètres au nord-ouest de Tokyo. Mais 350 000 personnes y transitent chaque année, selon les chiffres d’une étude de marché. Les contours d’un pôle culturel, s’étendant sur toute la préfecture de Nagano, s’y dessine. Six musées (dont le Musée "Saison", des grands magasins Seibu, et le Musée Marie Laurencin) sont déjà ouverts dans cette région, qui sera bientôt desservie par le Shikansen.

La RMN présente
à l’instar de Seagram aux états-Unis, qui a beaucoup investi dans l’architecture (du célèbre Seagram Building de Mies Van der Rohe, à New York, au somptueux Centre d’architecture de Montréal), et dans le sillage des grands brasseurs nippons qui ont confié des bâtiments à des "stars" – Shin Takamatsu pour Kirin à Osaka, et Philippe Starck pour Asahi à Tokyo –, le fabricant de whisky Mercian s’est lancé dans un projet culturel de 30 millions de francs. Il s’est associé à Fuji Television. La Réunion des musées nationaux (RMN) va ouvrir dans ce nouvel espace une boutique présentant ses produits, comme elle le fait désormais au Metropolitan Museum de New York.

Au pied d’un volcan éteint, le mont Asama, Jean-Michel Wilmotte, qui vient de livrer le Musée du Chiado à Lisbonne, va transformer en musée une série de hangars, une distillerie qui recevait déjà huit mille visiteurs chaque année. Le parti pris architectural est simple : créer un parcours entre les bâtiments de style traditionnel. Planche, pierre et ardoise sont les trois matières mise en œuvre pour créer une ambiance raffinée. Une maison de thé sera agrandie pour les besoins d’un restaurant. Le chantier devrait durer six mois. La Fondation Maeght sera la première invitée, au printemps, avec une exposition Miró.

Whisky au Japon, cognac en France. Jean-Michel Wilmotte vient de remporter le concours (contre Christian de Portzamparc) du Musée Hennessy à Cognac. Entre deux styles, le jury a préféré le plus classique. Le projet de Wilmotte veut s’intégrer au tissu de la ville en reprenant à sa façon la typologie des façades anciennes. Vitrine du groupe LVMH, ce lieu, qui ouvrira ses portes en 1996, est conçu également pour accueillir des expositions temporaires.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Distillerie, whisky et œuvres d’art

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