Mercredi 19 février 2020

Art contemporain

Antony Gormley peine à installer ses œuvres à Hong Kong car elles évoquent un suicide

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 4 novembre 2015 - 461 mots

HONG KONG

HONG KONG (CHINE) [04.11.15] – L’installation « Event horizon » d’Antony Gormley, prévue pour 2014, a dû être repoussée en raison du suicide d’un homme du haut d’un immeuble. Les propriétaires de bâtiments hésitent à accepter la présence de sculptures anthropomorphes sur leur toit.

L'édition hongkongaise de l'installation d’Antony Gormley, « Event Horizon », dans laquelle 31 sculptures grandeur nature de l’artiste placées au bord des toits de buildings du centre-ville, doit commencer bientôt. Mais le sculpteur britannique a du mal à trouver des bâtiments acceptant d’y participer. En effet, l’événement était censé avoir lieu en 2014, mais a été repoussé suite au suicide d’un homme du haut d’un toit d’un building, relate le South China Morning Post.

En 2007, Antony Gormley a commencé à placer temporairement 31 statues en métal d’hommes nus sur le toit de bâtiments de plusieurs grandes villes, à Londres, Rotterdam, New York, São Paulo et Rio de Janeiro. Chaque ville a réagi différemment à ces installations. « Aux Pays-Bas, la réaction était plus “normale”, dans la mesure où les gens étaient ravis de ces visiteurs temporaires », a raconté l'artiste. « A Rio, la réception était moins positive ». Des pancartes avec l’inscription « mauvais art » et des chewing-gums avaient alors été collés sur les statues.

L'installation doit normalement être dévoilée à Hong Kong le 19 novembre. Les statues étaient censées être installées l’an dernier, mais HongKong Land, un groupe immobilier local qui devait être le sponsor principal, s’est retiré du projet après qu’un employé ait sauté du toit d’un immeuble lui appartenant en février 2014.

Jusqu'à présent, les organisateurs ont dévoilé seulement trois des endroits de Hong Kong pour « Event Horizon ». Au total, 27 toits sont nécessaires, les quatre dernières statues étant disposées au sol. Bien qu’un effet de surprise soit recherché par l’artiste, Antony Gormley admet toutefois qu'il est toujours en négociations pour obtenir le nombre nécessaire de lieux. Des sources anonymes rapportent que les propriétaires sont réticents en raison du rappel trop direct de la récente tragédie. Le Centre de recherche et de prévention du suicide de l’Université d’Hong Kong a également été d’avis que le travail de Gormley pourrait blesser les personnes souffrant de dépression.

Interrogé par le South China Morning Post sur ce problème, Antony Gormley s’est montré assez partagé : « je comprends qu'il s’agit d’un énorme tabou […] Mais toute personne ayant de l'esprit saurait faire la différence entre un homme de fer ne bougeant pas et un corps vivant ». Pourtant de nombreuses personnes ont contacté la police lors des éditions précédentes pour signaler des tentatives de suicide. « Si cela permet de discuter de ce tabou plus ouvertement, c’est une bonne chose. Mais ce n’est pas le but du projet », a poursuivi l’artiste.

Légende photo

Une sculpture d'Antony Gormley en Angleterre sur la Martello Tower © AFP - Annie Owen / Robert Harding Heritage / robertharding

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