Conseil de Paris : c'est fini pour la grande roue place de la Concorde

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 23 novembre 2017 - 572 mots

PARIS [22.11.17] - C'est fini pour la grande roue place de la Concorde à Paris : le Conseil de Paris a voté mercredi l'arrêt l'an prochain de la célèbre attraction au bas des Champs-Elysées, gérée par le \"roi des forains\" Marcel Campion.

La grande roue, vue de nuit entre le jardin des Tuileries et la place de la Concorde, à Paris
La grande roue, vue de nuit entre le jardin des Tuileries et la place de la Concorde, à Paris
Photo Marie de Bueil - 2007

Les élus parisiens ont voté - à la quasi unanimité – le non-renouvellement de la convention d'occupation du domaine public avec Fêtes et Loisirs, qui expire le 5 juillet 2018, pour cette grande roue inscrite pour la première fois en 1993 dans le paysage parisien. La décision justifie du "caractère patrimonial exceptionnel" de la place de la Concorde et de la "perspective visuelle historique" entre Louvre et Arc de Triomphe, qu'elle veut "préserver et mettre en valeur".

Les élus, sur proposition Les Républicains et UDI-MoDem, se sont accordés sur le principe d'une grande attraction "du type grande roue ou autre" qui pourrait être installée ailleurs, a indiqué Bruno Julliard, premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo. "Si nous allons vite", a-t-il dit, en engageant rapidement une concertation des élus et de l'Etat notamment, cette nouvelle attraction pourrait être sur pied pour les fêtes de fin 2018. "Et quiconque, et même Marcel Campion, pourra candidater", a-t-il ajouté.

La grande roue s'était attirée au fil des ans de multiples critiques, tant sur le lieu de son installation que sur la personnalité controversée de son propriétaire. Plusieurs élus sont néanmoins intervenus pour affirmer qu'il ne s'agissait pas de mener une "chasse à l'homme" contre Marcel Campion. Les "forains sont indispensables à la vie de Paris", a indiqué le maire LR du 1er arrondissement Jean-François Legaret. "Cessons toute personnalisation et repartons sur des bases saines", a ajouté Eric Azière (UDI-MoDem) alors que Danielle Simonnet (Parti de gauche) affirmait que le "débat n'est pas pour ou contre Marcel Campion". "Nous voulons défendre les arts forains", a assuré l'écologiste David Belliard en réclamant un lieu dédié dans Paris.

Des débats dans la matinée avaient néanmoins été l'occasion pour l'opposition d'évoquer son "incompréhension devant la façon dont la Ville a géré ses relations avec Marcel Campion", selon M. Azière. "Brutalité", "gestion très approximative", "improvisation et incompétence" avaient été pointés. Le "divorce est soudain, sans que les raisons invoquées ne permettent de l'expliquer", selon Jérôme Dubus (Parisiens constructifs, ex-LR).

La décision arrêtant la grande roue suit en effet de quelques mois un autre vote unanime, début juillet, pour arrêter le marché de Noël organisé depuis 2008 par M. Campion.

Après la fin de la grande roue et du marché de Noël, la Foire du Trône est peut-être elle aussi en sursis. Le conseil de Paris a voté mercredi le projet d'"engager une réflexion" pour proposer "d'autres occupations" (sportives, culturelles) à la pelouse de Reuilly où se tient chaque année, de fin mars à début mai, cette grande fête foraine.

Les élus ont également voté le principe d'un futur marché de Noël avec des produits et des animations de qualité et du "fabriqué à Paris".

Mme Hidalgo avait indiqué devant la presse, en début de semaine, "qu'on a essayé de faire comprendre à Marcel Campion qu'on ne pouvait pas subir la menace permanente de bloquer la capitale, comme il l'a fait pour tous les maires de Paris. A un moment, on a décidé d'arrêter". Les forains avaient en effet organisé récemment, et à plusieurs reprises, des opérations escargot autour de la capitale pour faire entendre leurs raisons, en sus des recours en justice du "roi des forains".

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