Bilan rassurant pour l’Armory Show avant l’arrivée de Frieze

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Le 19 mars 2012 - 744 mots

NEW YORK (ÉTATS-UNIS) [19.03.12] - Alors que la 18e édition de l’Armory Show était attendue au tournant, ses résultats ont été plutôt convaincants et finalement rassurants pour l’avenir de la foire new-yorkaise qui attend Frieze en mai prochain. PAR TIMOTHÉE CHAILLOU

La 18e édition de l’Amory Show s’est imposée un sérieux renouveau après l’hémorragie des enseignes américaines qui l’ont quittée, et face à l’enthousiasme que suscitent sa petite sœur Independent et  l’arrivée de la Frieze Art Fair à New York en mai prochain.

Les organisateurs ont ainsi créé plusieurs nouvelles sections : une section dédiée à 11 galeries émergentes présentant des projets monographiques (Solo Projects), une section pour l’art vidéo et les films expérimentaux (Armory Film), une enfin pour la performance (Armory Performance). Ils ont également invité plusieurs galeries et institutions des pays nordiques, sélectionnées avec pertinence par le directeur de la Malmö Kunsthall, Jacob Fabricius.

Après Gabriel Kuri, l’artiste américain Theaster Gates a été l’artiste « officiel » de la foire, pour laquelle il a produit une édition limitée au bénéfice de la Pat Hearn and Colin de Land Cancer Foundation et du MoMA. Sur le stand de sa galerie, Kavi Gupta (Chicago), il a présenté plusieurs sculptures – toutes vendues – et une table invitant les visiteurs à la discussion pour créer une « sculpture sociale ».

Moins de galeries ont été sélectionnées, avec un parcours plus aéré conçu par l’architecte Bade Stageberg Cox qui a souhaité créer « une ambiance où les collectionneurs peuvent se concentrer sans saturer. » Cette cure d’amaigrissement semble plutôt être la conséquence de nombreux départs de certains des grands noms qui ont fait sa renommée, depuis son rachat par Merchandising Mart Properties. Même le directeur de l’Armory, Paul Morris, était inquiet: « Je me concentre sur la survie de la foire » a-t-il déclaré. Les puissantes galeries américaines - Andrea Rosen, Barbara Gladstone, Marian Goodman, Tanya Bonakdar, 303 Gallery, Matthew Marks, Blum & Poe - ou européennes - Eva Presenhuber (Zurich), Emmanuel Perrotin (Paris), Thaddaeus Ropac (Paris/Salzburg), Yvon Lambert (Paris) – étaient en effet absentes.

Certaines sont cependant toujours au rendez-vous, telles Lisson Gallery (Londres), Sean Kelly (New York), Victoria Miro (Londres), Galerie EIGEN ART (Berlin), Andrew Kreps (New York), Massimo de Carlo (Milan) ou David Zwirner (New York) qui a fait un retour remarqué, en vendant l’intégralité de son stand dès l’ouverture : trois peintures de Michael Riedel pour 50 000 dollars pièce.

En dépit d’annulations en cascade, la foire a bénéficié de la fidélité d’un grand nombre de marchands convaincus de la solidité du marché américain et de son réseau de collectionneurs new-yorkais. Beaucoup de galeristes européens avouent qu’il est difficile de faire l’économie d’une présence à New York mais, en revanche, peu de collectionneurs européens ont fait le déplacement, préférant se réserver pour la prochaine Frieze Art Fair. Cela n’a pas empêché pourtant de nombreux institutionnels et collectionneurs américains d’être bien présents, et d’y avoir acquis de nombreuses œuvres.

Une autre nouveauté remarquée est l’arrivé du site internet d’achat d’œuvres en ligne Paddle8. Le site basé à New York a connu un vif succès lors de la précédente Nada Art Fair de Miami. Il est considéré, par les organisateurs de l’Armory, comme un « complément virtuel indispensable » pour élargir la portée mondiale et stimuler les ventes de la foire. Les collectionneurs qui s'inscrivent sur Paddle8 peuvent voir, réserver et acquérir les œuvres de leur choix directement en ligne et ce depuis le 1er mars. Les galeries reverseront au site quatre pour cent du prix de l’œuvre vendue.

Au final, les affaires ont été correctes pour bon nombre de galeries, qui avouent être satisfaites de la nouvelle direction que prend l’Armory. Jérôme de Noirmont, qui présentait un ensemble d’œuvres de Fabrice Hyber, reconnaît que c’est la première fois qu’il fait l’Armory Show « et cela c’est extrêmement bien terminé, tout en ayant pris le risque de faire un solo show avec un artiste qui n’est pas présent dans les collections publiques américaines. Même si je sais qu’il y a eu beaucoup de défections, cela nous a finalement permis d’avoir une très belle foire. » De son côté Bruno Delavallade précise que sa participation est un succès et qu’il a noué « une quantité de nouveaux contacts. Ce n’est pas la fin de l’Armory car, même si Frieze arrive en mai, The Art Show et Independent ne changeront pas leurs dates : le mois de mars restera un moment crucial pour l’art à New York. »

Légende photo

la statue de la Liberté - New York - © Photo : Derek Jensen - 2005

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