Vendredi 13 décembre 2019

Barnebys diversifie son offre

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 2 janvier 2018 - 574 mots

STOCKHOLM (SUÈDE) [02.01.18] - Pour tenter de trouver sa place face aux sites qui proposent vente live et online, le moteur de recherche suédois vient d’acquérir un éditeur de logiciels.

Le marché des agrégateurs de ventes aux enchères commence à se structurer. Attirés par la multiplication des adjudications d’objets d’art et les facilités offertes par le numérique, en France trois acteurs se partagent le marché : Interenchères, Drouot.com et Auction.fr. Tous trois offrent à peu près les mêmes services, mais dans des étendues très variables : catalogues de ventes à venir, résultats, contenu éditorial, estimations, possibilité de participer aux ventes Live (en direct via une caméra dans la salle de vente) ou Online (uniquement en ligne). A l’international, la concurrence est encore plus rude, emmenée par le leader Invaluable. Sans compter les maisons de ventes traditionnelles qui ont développé leur propre de site et en font de plus en plus la promotion.

Arrivé plus récemment sur ce marché (en 2011), le suédois Barnebys (du nom de son fondateur Christopher Barnekow auquel à été adjoint la terminaison « bys » pour ressembler à Sotheby’s mais sans apostrophe) développe un modèle différent qui ressemble plutôt à un moteur de recherche voire d’une certaine façon à un journal qui serait en ligne.

Si les internautes peuvent rechercher un objet prochainement mis en vente, consulter des résultats d’adjudication, lire quelques contenus éditoriaux et depuis peu obtenir une estimation, ils ne peuvent en revanche pas passer des ordres directement via la plateforme et sont redirigés vers le site de l’opérateur. Ce qui peut être perçu comme un handicap est compensé par un large référencement international. Le site est maintenant disponible sur 7 plateformes linguistiques soit autant de pays dans lequel le suédois recrute des maisons de ventes : suédois, anglais, français, chinois, espagnol, allemand et tout récemment italien. Il revendique 2 000 opérateurs dans le monde contre 4 000 pour Invaluable.

La clef du succès de tous ces sites repose en grande partie sur le nombre de partenaires. Plus il y a de maisons de ventes (et maintenant aussi des galeries), plus l’internaute en quête d’un tableau, d’un multiple ou d’un objet particulier dispose d’un choix large. Pour recruter les maisons de ventes, Barnebys a un argument : la protection des données des internautes. Contrairement à la plupart des ses concurrents qui gardent le profil des internautes, ce qui peut déplaire aux opérateurs qui se sentent ainsi dépossédés de leur actif le plus important, Barnebys n’enregistre pas - et pour cause - les comportements d’achat des internautes.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’acquisition récente de l’américain Simple Auction Site, un éditeur de logiciels de ventes aux enchères. L’objectif est d’aider les petites maisons de ventes à se doter de leur propre site de ventes aux enchères et ainsi d’offrir un argument supplémentaire pour les recruter. Le suédois a également racheté un autre moteur de recherche d’objets d’art, très éditorialisé et qui référence surtout les objets sur Ebay.

Barnebys se rémunère au clic, chaque fois qu’un internaute qui transite par son site accède au site d’un de ses partenaires, il perçoit une rémunération de l’ordre de à 0,70 euros. Il lui faut donc attirer le plus grand nombre de visiteurs, via principalement le référencement naturel d’où la publication de contenu, encore très embryonnaire. L’entreprise annonce 1,7 million de visiteurs pour 2017 pour toutes ses plateformes, dont 140 000 pour la plateforme française. Elle espère être profitable en 2018.

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Christopher Barnekow et Pontus Silfverstolpe, fondateurs de Barnebys © Barnebys

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