Mercredi 17 octobre 2018

Asia Now, le souffle de l’Asie à Paris

Par Marion Zipfel (Correspondante à Singapour) · lejournaldesarts.fr

Le 27 octobre 2016 - 867 mots

PARIS [27.10.16] - Malgré des ventes inégales, la seconde édition d’Asia Now, qui a fermé ses portes dimanche 23 octobre semble avoir trouvé sa place et permet de montrer à Paris la diversité de la scène artistique asiatique contemporaine.

Pour sa deuxième édition, Asia Now a pris ses quartiers dans un hôtel particulier de l’avenue Hoche. Un écrin chic à la décoration bohème voulue par la directrice de la foire Alexandra Fain, avec salon en palettes de bois, gazon artificiel et plantes dans la cour. Le visiteur déambule sur 2 étages à la rencontre de 30 galeries représentant des artistes de plus d’une dizaine de pays d’Asie. « C’est un lieu extraordinaire pour découvrir des galeries et des artistes qui ne sont pas représentés ailleurs » se réjouit Jérôme Sans, co-fondateur du Palais de Tokyo et critique d’art. Pour la sélection des galeries, Alexandre Fain s’appuie sur des correspondants dans les différentes scènes locales pour identifier les acteurs intéressants. « Nous voulons travailler avec des galeries qui présentent des artistes révélateurs de la scène artistique du moment et qui ne montrent pas forcément leurs œuvres les plus commerciales » explique la directrice de la foire.

C’est ainsi qu’aux côtés de galeries plus connues du public européen comme la Galerie Paris-Beijing, présente à la fois à Paris, Pékin et Bruxelles ou Magda Danysz installée à Paris et à Shanghai ou encore la galerie italienne Primo Marella, le public pouvait découvrir des galeries des Philippines comme The Drawing Room présent pour la première fois à Asia Now ou encore le Yeo Workshop de Singapour ou The Columns Gallery de Séoul montrant plusieurs artistes coréens abstraits majeurs des années 1970 dont Park Seo Bo ou encore des galeries devenues incontournables en Chine comme Tang Contemporary (Pékin, Hong-Kong, Bangkok) Vanguard ou Tabula Rasa mais inconnues en France.

Parmi les exposants, la galerie Rossi et Rossi, qui présente plusieurs générations d’artistes tibétains ou encore dans un autre couloir, la Sa Sa Bassac, galerie de Phnom Penh. « Nous sommes allés à l’encontre des clichés encore trop présents que l’art en Asie, c’est soit trop tard soit trop vaste pour s’y intéresser explique Alexandra Fain. Ici, on montre une sélection de 13 scènes asiatiques dans un lieu à taille humaine ».

Le soir du vernissage, le parquet du 9 avenue Hoche craquait sous les talons des collectionneurs européens et asiatiques. Aux côtés de figures de l’art contemporain chinois comme Uli Sigg, ou Jean-Marc Decrop, se trouvaient également le jeune milliardaire Adrian Chang venu de Hong-Kong ou Hou Hanru, directeur artistique du Maxxi de Rome depuis 2013. D’autres moins familiers avec la scène asiatique comme Alain Servais étaient également curieux de découvrir de nouveaux horizons. « Il y a de façon générale une sous-représentation de l’Asie dans les grandes foires donc une foire dédiée est une excellente idée » observe le collectionneur belge.

« C’est une bonne foire, nous avons vu des collectionneurs chinois et européens » affirme Geoffroy Dubois, le directeur de la galerie Paris-Beijing qui a vendu une œuvre de l’artiste Fu Site (8000 euros), Gao Lei (6 000 euros) et Liu Bolin (entre 15 et 18 000 euros). « Cette foire nous a également permis de nouer des contacts avec de nouveaux collectionneurs et réaliser des ventes dans notre galerie à Paris » poursuit Geoffroy Dubois. Même enthousiasme chez Cesar Villalon de la galerie The Drawing Room qui a vendu 3 peintures (entre 8 500 et 12 000 euros) de Gaston Damag ainsi que ses sculptures (15 000 euros). Si les deux tableaux de Manuel Ocampo, artiste philippin qui vit aux Etats-Unis et qui représentera les Philippines à Biennale de Venise 2017 n’avait toujours pas trouvé acquéreur à la fin de la foire, ils ont pourtant suscité beaucoup d’intérêt de la part des collectionneurs français. « C’est une surprise pour nous, explique César Villalon. C’est intéressant pour nous d’exposer à Paris et de voir une clientèle très curieuse. En Asie du sud-est, les clients nous demandent surtout quelle est la cote des artistes !». Autre succès également chez Magda Danysz dont le stand particulièrement accueillant aux airs de salon de collectionneurs ne désemplissait pas et qui a vendu 3 pièces de Li Hongbo (20 000 euros), 4 sculptures de Wang Keping (entre 10 000 et 50 000 euro) ainsi qu’une photographie de Liu Bolin, le maître du camouflage en collaboration avec JR dont le prix n’a pas été communiqué.

Intérêt confirmé à la galerie Tang Contemporary qui présentait 3 jeunes artistes Cai Lei, Xu Qu dont le travail a été présenté à la fondation Louis Vuitton, Zhao Zhao, l’assistant d’Ai Wei Wei pendant 7 ans dont l’œuvre « Fragment » a été vendue 90 000 euros. Même si certaines galeries n’ont pas vendu, elles se sont pourtant dites satisfaites de cette édition d’Asia Now. Pour la galerie Leo Xu de Pékin, il est important d’être à Paris. « Nous sommes présents à Frieze London, Art Basel Hong-Kong et Miami mais la France manquait dans notre puzzle explique Leo Xu de la galerie éponyme. Ici c’est une foire de niche, donc c’est un atterrissage en douceur à Paris pour montrer nos artistes à une clientèle curieuse et intéressée par l’art asiatique ».

Légende photo

Ayoung Kim (1979, Corée du Sud), Please return to Busan Port, de Tales of a City, 2012, Installation-vidéo à trois écrans, environ 5 minutes - Crédits : Ayoung Kim et CHOI&LAGER

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