Samedi 15 décembre 2018

Art Basel Hong Kong, de plus en plus forte et… uniforme

Par Fabien Simode · lejournaldesarts.fr

Le 23 mars 2017 - 460 mots

HONG KONG (CHINE) [23.03.17] - La foire d'art moderne et contemporain de Hong Kong ouvre officiellement aujourd’hui jeudi sa cinquième édition sous pavillon Art Basel. Elle confirme son statut de foire leader en Asie et renforce un peu plus encore sa stratégie internationale, en dépit d'un démarrage jugé lent par les exposants.

Art Dubaï (Émirats arabes unis) et Tefaf Maastricht (Pays-Bas) ont à peine baissé le rideau que le marché international de l'art se retrouve en Asie pour l'ouverture d'Art Basel Hong Kong. Venues de 34 pays, 242 galeries participent cette année encore à la foire, réparties sur deux niveaux du Hong Kong Convention Centre, situé à l'ombre des tours de verre et d'acier, le long de la baie de Hong Kong, à l'est du quartier Central.

La recette qui fait le succès de la foire suisse, propriété du groupe MCH, demeure inchangée : un marketing sobre mais déployé partout dans la ville, une série d'événements programmés durant la foire (cycles de vidéos, de conférences, performances et, circulant cette année dans Central, un tramway à remonter le temps imaginé par l'artiste hong-kongais Kinsley Ng) et un salon découpé en secteurs qui doivent faciliter la lisibilité de l'événement.

Parmi ces derniers, le secteur « insights » rassemble notamment 27 enseignes venues d'Asie et de la région Pacifique – on s'interroge donc sur la présence, ici, d'Aicon Gallery, basée à New York – qui ont développé un projet spécifique pour la foire. En réalité, un stand reste un stand… Et, à l'exception de la Galerie du Monde (Hong Kong) qui présente une exposition entière sur le Groupe de Mai (fondé après-guerre par des peintres Chinois) dont aucune œuvre n'est à vendre, rien ne distingue l'accrochage « insights » de celui des autres secteurs (« Galleries », « Discoveries » et, nouveauté de 2017, « Kabinett »).

Malgré cela, le niveau général de la foire demeure excellent, emmené par des enseignes prestigieuses, championnes toutes catégories du marathon des foires internationales : White Cube, Lehmann Maupin, Pace, Hauser & Wirth, Zwirner, Perrotin, Lelong, Marian Goodman ou Kurimanzutto – qui fait le voyage, pour la première fois, depuis Mexico. Particularité de ce générique : la bouture asiatique d'Art Basel peine toujours à se dissocier de ses grandes sœurs implantées à Bâle et à Miami, et laisse la désagréable sensation d'un marché global et uniformisé où la spécificité chinoise a, finalement, peu de place. Est-ce pour cette raison que, de l'avis de nombreux galeristes, les ventes peinaient à se concrétiser à l'issue des journées de « preview » (mardi) et de vernissage (mercredi), en dépit d'un public venu nombreux et enthousiaste ? Pour Marc Spiegler, directeur d'Art Basel, cette uniformisation répond davantage au goût des collectionneurs chinois qui devient « plus international ». À force d'arpenter des foires qui se ressemblent ?

Légendes photos

Le stand de la 303 Gallery à Art Basel Hong Kong 2017 © photo Art Basel Hong Kong

La pièce Putto (2015) de Michael Parekowhai, Roslyn Oxley9 Gallery, dans une allée de Art Basel Hong Kong 2017 © photo Fabien Simode

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque