Dimanche 21 octobre 2018

Arrestation à New York de l’antiquaire Nancy Wiener

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 23 décembre 2016 - 462 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [23.12.16] - La célèbre marchande new-yorkaise d’art asiatique a été arrêtée mercredi 21 décembre pour avoir vendu des objets issus du trafic illégal. Elle a été remise en liberté contre caution selon le New York Times.

Faisant suite à une perquisition dans la galerie Nancy Wiener qui remonte au mois de mars dernier, la juridiction pénale de Manhattan a ordonné l’arrestation de la marchande d’art asiatique mercredi 21 décembre, rapporte Tom Mashberg pour The New York Times. D’après son avocat Georges G. Lederman, elle s’est « rendue volontairement ». Accusée de recel, elle a été libérée après dépôt d’une caution d’un montant de 25 000 dollars.

Nancy Wiener est soupçonnée, aux côtés de complices, d’être liée à des trafics illégaux de biens culturels « depuis au moins 1999 ». La marchande aurait ainsi vendu des objets volés ou pillés, « souvent par l’intermédiaire d’importantes maisons de ventes aux enchères » en créant des documents frauduleux pour « camoufler leur provenance », selon le quotidien new-yorkais. Les ventes successives de ces objets lui auraient rapporté plusieurs millions des dollars.

La galerie Nancy Wiener, installée dans l’Upper East Side à Manhattan, fait partie des galeries d’antiquités les plus connues de New York. Nancy et sa mère Doris, décédée en 2011, sont « légendaires au sein de l’élite new-yorkaise des marchands d’art » selon le quotidien new-yorkais. Elles ont contribué à l’émergence d’un marché de l’art indien et d’Asie du Sud-est. Parmi leurs clients ont notamment figurés John D. Rockefeller III, Igor Stravinsky ou encore Jacqueline Kennedy et des oeuvres qui sont passées par la galerie Wiener sont aujourd’hui dans les plus grands musées internationaux, à l’instar du Metropolitan Museum of Art de New York.

La provenance des objets qui ont intégré les collections de musées américains n’a, pour l’heure, par été remise en cause. En revanche, en mars 2015, Nancy Wiener avait dû rembourser la somme de 1,08 million de dollars à la National Gallery d’Australie pour un Bouddha assis acheté en 2007 et revendiqué par l’Inde, qui affirmait l’objet pillé.

Après des mois d’enquêtes (entretiens avec des informateurs confidentiels, analyses de milliers de mails et autres documents saisis) et des années d’investigation dans les réseaux de trafic international, le ministère public a mis au jour un processus sophistiqué de blanchiment, des services de restauration aux salles de ventes.

Au-delà de la centaine d’objets issus du marché noir hérités de sa mère, Nancy Wiener poursuivait ces pratiques frauduleuses puisqu’elle continuait à acheter de la marchandise volée en connaissance de cause. Elle est également accusée de détenir des antiquités indiennes introduites illégalement aux Etats-Unis par Subhash Kapoor, un marchand installé à Manhattan accusé de détenir 2 622 oeuvres volées d’une valeur de 107,6 millions de dollars et actuellement en procès en Inde.

Légende photo

Un bas-relief indien du IIe s. que les autorités américaines ont saisi à la galerie de Nancy Wiener à Manhattan © photo Manhattan district attorney’s office

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