Mercredi 12 décembre 2018

Après sa démission, Enrico Lunghi reçoit de nombreux témoignages de sympathie

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 17 novembre 2016 - 712 mots

LUXEMBOURG [17.11.16] – La démission d’Enrico Lunghi du Mudam le 28 octobre dernier attriste de nombreuses personnalités du monde de la culture, qui dénoncent un lynchage médiatique. Enrico Lunghi pointe dans un courrier des atteintes ignobles et malhonnêtes portées à son honneur et à sa réputation.

Enrico Lunghi, qui quittera définitivement ses fonctions le 31 décembre 2016, a expliqué dans sa lettre de démission que son engagement pour introduire l’art contemporain international au Luxembourg s’est « heurté trop souvent à des critiques et des pressions diverses et infondées ». « S’il m’est possible de résister à des critiques professionnelles par la qualité de mon investissement et de mon travail, il ne m’est par contre pas possible d’accepter les atteintes ignobles et malhonnêtes portées à mon honneur et à ma réputation », poursuit-il.

Plusieurs personnalités du monde de la culture, au Luxembourg et en l’Europe, se sont émues de son sort et lui ont apporté son soutien. Dernier en date, le Centre Pompidou Metz, qui a adressé mercredi 16 novembre une lettre de remerciement à Enrico Lunghi « pour la précieuse collaboration qu’il a su nouer avec l’institution dès ses débuts et pour son soutien inconditionnel. » Signée Emma Lavigne, Serge Lasvignes et Hélène Guenin, ancienne responsable du pôle Programmation du Centre Pompidou-Metz, désormais directrice du MAMAC à Nice, la lettre souligne la dynamique transfrontalière que la personnalité fédératrice d’Enrico Lunghi a permis d’impulser, entre le Luxembourg, la Lorraine, l’Allemagne et la Wallonie.

Le 9 novembre dernier, la Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon s’était associée à la diffusion d’un message de soutien à Enrico Lunghi. « Nous artistes, curateur-ices, collectionneur-ses, galeristes, ami-es des arts, témoignons toute notre sympathie à Enrico Lunghi » disait le message, qui pointait du doigt les « détracteurs luxembourgeois » du conservateur et le harcèlement qu’il subissait depuis des années. « Son engagement généreux et sans concession pour l’art contemporain agaçait et sa réussite internationale dérangeait » conclut la lettre, en dénonçant « les pressions contre ceux qui défendent un art contemporain libre et ambitieux ».

Au Luxembourg, l'équipe du Casino Luxembourg – Forum d'art contemporain (où travaillait auparavant Enrico Lunghi) s’est dite « consternée de constater la lâcheté avec laquelle son ancien directeur artistique a été atteint dans sa dignité privée et son intégrité professionnelle ». Un groupe de 37 personnes, baptisé « comité de soutien à Enrico Lunghi », a par ailleurs lancé une pétition, qui a reçu à ce jour 1 340 signatures. Estimant que « nous pourrions tous être la cible d’harcèlements personnels, de manipulations médiatiques ou politiques » le groupe exprime son soutien à Enrico Lunghi « dans l’exigence et le combat pour voir son honneur et sa réputation professionnelle rétablis ».

Le 28 octobre dernier, Enrico Lunghi a annoncé sa démission de la direction du Musée d’art moderne Grand-Duc Jean (Mudam) de Luxembourg après huit ans dans ses fonctions. En cause : une interview qui a tourné au vinaigre accordée à une journaliste de RTL Lëtzebuerg, Sophie Schram, en septembre dernier. Questionné sur sa politique artistique, il aurait perdu son sang froid et violement agrippé le bras de la journaliste. L’interview a été en partie diffusée dans l'émission « Den Nol Op de Kapp » au début du mois d’octobre, selon lui de façon tronquée. L’affaire a fait grand bruit dans les médias luxembourgeois et « massivement exagérée » selon un député luxembourgeois de la Commission Culture, qui se réunissait le 15 novembre pour tirer les leçons du traitement de l’affaire.

RTL Télé Lëtzebuerg a diffusé en début de semaine l'intégralité des rushs de l'interview d'Enrico Lunghi par Sophie Schram.

Communiqué de Platform - 18 novembre 2016

Dans un communiqué daté du 18 novembre, l’association nationale des Fonds régionaux d’art contemporain, Platform, a à son tour exprimé « sa gratitude aÌ€ Enrico Lunghi pour sa longue coopération avec les FRAC » ainsi que toute l’estime qu’elle a pour lui. Le qualifiant d’ « homme de culture et de dialogue » et de « parfait connaisseur des enjeux de la création contemporaine », Platform « souhaite que la situation d’Enrico Lunghi trouve, dans les meilleurs délais, une solution conforme aux services qu’il a rendus, avec dévouement et ténacité, aÌ€ son pays, ainsi qu’aÌ€ la cause universelle de l’art et de la Culture ».

Légende photo

Enrico Lunghi - © Photo François Besch - 2012 - Licence CC BY-SA 3.0

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