Vendredi 30 octobre 2020

Après Georg Baselitz, un grand collectionneur allemand menace de récupérer sa collection

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 6 août 2015 - 507 mots

POTSDAM (BRANDEBOURG, ALLEMAGNE) [06.08.15] – Hasso Plattner, milliardaire cofondateur de l’entreprise informatique SAP, a menacé le gouvernement de revenir sur sa promesse de don de sa collection au futur Musée Barberini de Potsdam. Ses 250 œuvres impressionnistes et modernes pourraient ainsi partir à Palo Alto dans la Silicon Valley.

130000

Après les galeristes, les maisons de vente aux enchères et les artistes, un collectionneur allemand s’est exprimé contre le plan controversé du gouvernement visant à modifier la loi de protection des biens culturels. En effet, la polémique enfle en Allemagne depuis une quinzaine de jours contre la ministre de la Culture Monika Grütters et son projet de loi, dont l’objectif est de transposer en droit interne une directive européenne de mai 2014 relative à la restitution des biens culturels, qui implique en Allemagne des changements radicaux, notamment en ce qui concerne la définition du concept de Trésor national. L’artiste Georg Baselitz a ainsi retiré toutes ses œuvres actuellement en dépôt dans les musées allemands.

Cofondateur du géant informatique SAP, Hasso Plattner, dont la fortune est estimée à 9,2 milliards de dollars, a quant à lui menacé de revenir sur sa promesse de léguer sa collection privée au futur Musée Barberini de Potsdam si les changements proposés par le gouvernement étaient mis en œuvre, comme le relate Artnet.

Le Musée Barberini est un ambitieux projet soutenu par Hasso Plattner par le biais de sa fondation Hasso Plattner Förderstiftung gGmbH. Il est prévu que sa collection soit exposée dans la réplique du Palais Barberini de Potsdam, bâtiment construit au XVIIIe siècle mais détruit en 1945 par les bombardements alliés. La Kunsthalle (centre d’art) accueillera également des expositions temporaires internationales et mettra en place un projet éducationnel pour les enfants et les adolescents. En cours de construction, le musée devrait être achevé d’ici à 2017.

Cependant, le milliardaire, craignant que la fondation à laquelle il envisage de transférer sa collection ne puisse plus vendre facilement des œuvres individuelles si la nouvelle loi est votée, pourrait priver le musée d’une collection de 250 œuvres, comprenant principalement des peintures impressionnistes et modernes importantes, y compris des œuvres d’artistes de l’ex-RDA peu exposés dans les musées allemands.

Hasso Plattner a également déclaré qu’il envisageait de donner sa collection à un autre musée qui devrait être construit à Palo Alto dans la Silicon Valley, où se trouve le siège de SAP. Lundi 3 août, son porte-parole a déclaré que le collectionneur aimerait voir la proposition de loi abandonnée ou radicalement révisée, et qu’il ne se laisserait en aucun cas influencer par des mots.

Les menaces d’Hasso Plattner ont déclenché la panique parmi les élus du Brandebourg, considérant cette collection comme essentielle pour attirer des visiteurs à Potsdam, qui est en concurrence directe avec Berlin située à seulement 35 kilomètres. Le ministre-président du Brandebourg Dietmar Woidke a appelé le gouvernement à « fournir des éclaircissements sur les dispositions proposées par la loi ». Cependant, le porte-parole de la ministre de la Culture Monika Grütters a simplement répondu en qualifiant les menaces d’Hasso Plattner d’« incompréhensibles ».

Légende photo

Hasso Plattner à l'Hasso Plattner Institute © Photo Epic-chair - 2010 - Licence CC BY-SA 3.0

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque