Annulation symbolique de la nomination d’Angel Vergara à la biennale de Venise de 2011 par le Conseil d’Etat belge

Par Amélie Du Fretay · lejournaldesarts.fr

Le 20 septembre 2013 - 531 mots

BRUXELLES (BELGIQUE) [20.09.13] – L’assemblée juge opaque le choix de la ministre de la Culture belge Fadila Laanan de nommer Angel Vergara pour représenter son pays à la Biennale de Venise à la précédente Biennale de Venise.

Après trois ans de procédure, le Conseil d’Etat Belge vient de rendre caduque la nomination par Fadila Laanan, ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l’artiste plasticien Angel Vergara pour représenter la communauté française à la Biennale de Venise de 2011. Il reproche à la ministre le manque de transparence de la procédure dans la mesure où aucune « mise en concurrence » n’a été lancée ni aucun appel à projets publics. Le comité d’experts a été désigné arbitrairement et seuls les candidats connus de celui-ci ont été choisis. La décision de présélectionner les quatre artistes, Joëlle Tuerlinck, Angel Vergara, Edith Dekyndt et François Curlet n’a été assortie d’aucun critère préalable. Enfin, selon l’arrêt, la décision finale choisissant Angel Vergara aurait dû être officialisée par un communiqué de presse. Cette nomination porte donc atteinte au principe d’égalité et de non discrimination.

L’artiste Charles Szymkowicz, s’estimant lésé en ne recevant aucun accusé de réception de sa candidature, avait intenté dès septembre 2010 un recours contre la décision ministérielle. En raison de cette procédure, Angel Vergara n’avait pu commencer son travail que quatre mois après sa désignation. Dans un entretien, accordé le 19 septembre 2013 au quotidien belge La Libre, Fadila Laanan regrette une tendance actuelle à intenter des procès sans réel fondement. Prenant néanmoins acte de cette décision, elle envisage pour les années à venir de lancer un appel à candidatures selon les règles des marchés publics, de définir un cahier des charges et de nommer un jury. Elle souligne néanmoins que sa collègue flamande a choisi, elle, un candidat sans tenir compte de la commission. Elle craint également un alourdissement des procédures, ainsi qu’un ralentissement des prises de décision, en raison d’un trop plein de dossiers.

Cette décision pose la question de la transparence dans les procédures de nomination. L’absence de règles laisse les pays libres de nommer leurs candidats. Souvent, le ministre de la Culture décide après consultation d’avis de professionnels du monde l’art, mais peut aussi déléguer le choix à une personnalité prestigieuse.
En 2011, les artistes représentant les Etats-Unis à la Biennale de Venise avaient été nommés par un comité formé de professionnels : le Federal Advisory Committee on International Exhibitions. La même année, l’Office Fédéral de la Culture Suisse a désigné quant à lui Thomas Hirschhorn et Andrea Thal sur proposition de la commission fédérale. En 2013, pour le pavillon Français, c’est Xavier Darcos, président de l’Institut Français, qui proposait Anri Sala à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture de l’époque.

Les choix sont très rarement motivés et, en dehors de la qualité du parcours artistique, sont parfois liés au climat politique. Ainsi en 2011, Angel Vergara représentait la communauté française de Belgique tandis que le commissaire Luc Tuymans, la communauté Flamande, dans un contexte difficile pour la Belgique. Celle-ci vivait alors une crise politique et essayait vainement de former un gouvernement fédéral.

Vidéo Angel Vergara - Visite du Pavillon Belge - 54e Biennale de Venise - 2011

Légendes photos :

Pavillon Belge - 54e Biennale de Venise - 2011 - © photo Ludosane

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