Une Villa pour la Méditerranée

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 20 mai 2013 - 263 mots

La région PACA, maître d’ouvrage, aurait-elle souffert d’une panne d’imagination ?

Le fait est que ni son nom de code – « Centre régional de la Méditerranée » –, durant le chantier, ni son patronyme définitif – « Villa Méditerranée » – ne siéent vraiment à cet édifice inauguré en mars et imaginé par l’architecte italien Stefano Boeri. Plantée à quelques mètres à peine du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, la Villa Méditerranée déploie une surface totale de 10 000 m2, dont une agora, des espaces d’exposition et un auditorium de 400 places. Coût des travaux : 70 millions d’euros.

« La première intention du projet était de faire pénétrer un morceau de mer à l’intérieur du bâtiment », explique Stefano Boeri. D’où cette forme étrange dont on retient, en premier lieu, la longue avancée du niveau supérieur, « véritable prouesse technique », en l’occurrence : un porte-à-faux de 40 m culminant à 19 m de haut. Car la base de l’édifice, invisible, se trouve, en réalité, sous un bassin artificiel de 2 000 m2 et d’une profondeur de 2,25 m. Au-dessus de l’eau justement, dans ce niveau supérieur quasi en lévitation, se loge un plateau d’exposition de 760 m2, entouré d’un belvédère en libre accès. L’agora et l’auditorium, au contraire, sont eux dissimulés sous la mer. Longtemps, sa peau de béton a offert à cet objet architectural un cachet brutaliste non désagréable. Mais l’effet a depuis été entièrement annihilé : l’ensemble de la façade a été habillé de pierres agrafées lui donnant, au final, une allure plus… ringarde.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°658 du 1 juin 2013, avec le titre suivant : Une Villa pour la Méditerranée

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque