Vol

Un système organisé de vol par un membre du personnel de l’Ermitage découvert en Russie

Par Séverine Petit · lejournaldesarts.fr

Le 20 février 2015 - 484 mots

SAINT-PETERSBOURG (RUSSIE) [20.02.15] - Une personne travaillant à la bibliothèque de l’Ermitage a été arrêtée après avoir découpé puis vendu des estampes contenues dans des livres anciens à des marchands et antiquaires peu scrupuleux.

Un examen du fonds conservé par la bibliothèque scientifique de l’Ermitage, entamé en janvier 2015, a permis de découvrir que plusieurs gravures, photographies, illustrations et même des ouvrages anciens manquaient à l’inventaire de l’institution. Un membre du personnel de la bibliothèque, d’abord fortement suspecté, a ensuite été arrêté pour vol.

C’est une opération conjointe entre la sécurité du musée de l’Ermitage et le FSB, service de sécurité fédéral, qui est à l’origine de l’arrestation du voleur, d’abord retenu par le FSB puis écroué pour deux mois par une cour de justice locale à Saint-Pétersbourg. Dmitri Kochetkov, porte-parole du FSB pour la région de Saint-Pétersbourg et Leningrad, a indiqué que « de nombreuses gravures, lithographies, photographies et livres du XVIIème au XIXème siècle avaient été découverts et saisis dans le lieu d’habitation de l’employé de la bibliothèque, ainsi que chez une personne proche de lui mais également chez des antiquaires de Saint-Pétersbourg » à l’occasion de perquisitions, d'après l'agence de presse russe TASS.

Le voleur procédait notamment par découpage. L’Ermitage a assuré que « de futurs actes de vandalisme et de vol avaient été endigués ». Les estampes ainsi que les livres anciens ont depuis repris leur place dans la bibliothèque du musée. Cependant les pièces dérobées ont été grandement endommagées par le mode opératoire du voleur, que Mikhaïl Piotrovski, le directeur du musée, n’hésite pas à qualifier de « vandalisme et de barbarisme », d'après la TASS. Les œuvres vont néanmoins pouvoir être prises en charge par les restaurateurs de l’Ermitage.

La direction du musée a réagi à cet évènement en mettant en place un nouveau protocole de consultation des œuvres pour la bibliothèque. Mikhaïl Piotrovski a déclaré en conférence de presse le 17 février avoir « signé un décret qui renforce le système de contrôle des déplacements du personnel, interdit de rester seul dans les réserves [et] qui met en place un système de vidéo surveillance » Il a également appelé à l’examen systématique de tout le fonds de la bibliothèque du musée – une entreprise considérable, sachant l’importance que représente le Musée de l’Ermitage.

Mikhaïl Piotrovski considère enfin que « ce vol a eu lieu à cause de l’absence de système de rétention dur au sein de la bibliothèque » alors que le musée, lui, avait pris conscience de la nécessité d’un contrôle rigoureux du personnel après le vol, en 2006, de près de 200 bijoux effectué avec la complicité d’une conservatrice. Le Conseil des musées de Russie reste toutefois sceptique sur la sécurité dans les musées russes puisqu’il vient de déclarer « qu’aucun des musées du pays ne serait réellement protégé contre le vol » et préconise une modification de la loi sur la surveillance des collections.

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Musée de l'Ermitage, le palais d'Hiver, vu depuis la Néva, Saint-Pétersbourg, Russie - © Photo A.Savin - 2012 - Licence CC BY-SA 3.0

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