Un nouvel espace pour Claudine Papillon

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 mai 2004

Depuis plus de vingt-cinq ans, Claudine Papillon compte parmi les figures les plus dynamiques de la scène artistique française, versant galeriste.

Après avoir travaillé pendant une dizaine d’années à la galerie Bama, en parfaite collaboration avec Ninon Robelin, s’affirmant notamment comme le défenseur de Fluxus, cette historienne d’art a ouvert son propre espace en 1989, rue de Turenne. Proche d’une sensibilité qu’elle qualifie elle-même d’« avant-garde classique et marginale », Claudine Papillon appartient à cette catégorie de marchands qui ne peuvent exercer leur métier qu’à la condition d’être en parfaite osmose avec les artistes qu’ils défendent. Son rôle est plus de soutenir ceux-ci, avec rigueur dans la durée que de susciter, sous les feux de l’actualité ou de la mode, des engouements plus ou moins médiatisés. Dieter Roth, Erik Dietman – dont elle a partagée la vie –, Hreinn Fridfinnsson, Thierry Mouillé, Marc Couturier, Vassiliki Tsekoura, Françoise Vergier figurent parmi les nombreux artistes avec lesquels elle a travaillé.

Quelques années plus tard, malgré l’excellence de son programme, la crise qu’a traversée le marché de l’art dans la première moitié des années 1990 l’a contrainte à un certain repli. Fin 1995, Claudine Papillon a trouvé refuge dans un mini-espace rue Saint-Gilles pour finalement s’installer deux ans plus tard dans une galerie plus confortable, rue des Coutures Saint-Gervais. Dès lors, elle a agrandi son équipe, exposant entre autres Johan Creten, Elsa Sahal, Jean-Claude Ruggirello, Frédéric Lecomte, puis elle s’est associée avec Dominique Fiat pour constituer la galerie Papillon-Fiat. Au terme de cinq années d’activités partagées avec celle-ci, Claudine Papillon rouvre ce mois-ci un lieu en son nom seul, au rez-de-chaussée dans la cour du 13 rue Chapon. Intitulée « Les mêmes et même quelques autres », l’exposition inaugurale de sa nouvelle galerie rassemble tous ceux avec qui elle a toujours fait route – dont encore Patrick Caulfield, Günter Brus, Tony Carter… – et quelques nouveaux comme Lotta Hannerz, une Suédoise, Frédérique Loutz et François Ribes. Pour l’essentiel des dessins et des objets, des œuvres pleines d’énergie et de poésie, qui ne se privent jamais ni d’intelligence, ni d’humour. Un style singulier, le style Papillon en quelque sorte.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°558 du 1 mai 2004, avec le titre suivant : Un nouvel espace pour Claudine Papillon

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