Dimanche 21 octobre 2018

Toulon : l’Hôtel des arts dans l’expectative

Par Olivier Michelon · Le Journal des Arts

Le 3 décembre 1999 - 447 mots

Quelques mois à peine après son inauguration, l’Hôtel des Arts de Toulon traverse une zone de turbulences : sa directrice est sur le départ et les travaux prévus pour le transformer ont été repoussés après d’étranges mésaventures survenues lors du concours d’architecture.

TOULON. Après son exposition à Toulon, Claudio Parmiggiani avait fait don à l’Hôtel des Arts d’un mur, fragment d’Epilogo/Prologo, l’œuvre présentée dans les locaux mis à disposition par le Conseil général, initiateur du projet (lire le JdA n° 88, 10 septembre). L’artiste italien y avait réalisé une de ses Delocazione. Au centre de la quasi-totalité des pièces, un feu avait été allumé, laissant apparaître sur les murs, l’empreinte négative des objets laissés dans les lieux. Malheureusement, le précieux cadeau de Parmiggiani a été en partie détruit lors du démontage de l’exposition, laissant présager du futur incertain du lieu. Pourtant, lors de l’ouverture de l’Hôtel des Arts, le Conseil général, présidé par Hubert Falco (Démocratie libérale), annonçait son intention de pérenniser son action, contredisant l’hypothèse d’un coup médiatique temporaire dans une ville actuellement étouffée par les choix culturels “bien pensants” de sa mairie d’extrême droite. Au printemps 2000, les anciens locaux du Conseil général devaient bénéficier d’importants travaux estimés à 37 millions de francs, afin de dégager 1300 m2 sur les trois étages, dont 200 m2 pour le graphisme et la photographie et 600 m2 pour les expositions temporaires. L’hypothèse d’une annexe dans les jardins attenants avait même été envisagée. En septembre, le jury du concours a retenu le dossier de Jean-Michel Wilmotte, mais il s’est prononcé à partir de trois des quatre projets seulement, celui de Jean-François Bodin étant parvenu incomplet. Pourtant, quelques jours plus tard, les pièces manquantes ressortaient : elles auraient été “égarées” ! Près de trois mois plus tard, la seule nouvelle officielle parvenue aux participants du concours, surpris et laissés dans l’expectative, provient de l’huissier venu constater le vice de forme, sans plus d’explications. Le projet est aujourd’hui en attente, d’autant plus que la directrice du lieu, Sophie Biass-Fabiani, quitterait ses fonctions. L’exposition de Sophie Riestelhueber, prévue pour février, est néanmoins maintenue, mais c’est maintenant à Gilles Altieri, directeur adjoint des services du Conseil général d’assurer la programmation. “L’engagement du conseil sur l’Hôtel des Arts est intact” affirme ce dernier, annonçant la mise en route d’un nouveau programme architectural dans les six mois à venir. Reste que le département reprend ainsi clairement en main un lieu dont l’orientation ne faisait pas l’unanimité en son sein. À long terme, l’avenir de l’Hôtel des Arts semble dépendre de calculs politiques locaux, suspendus aux municipales de 2001. Le Front national écarté, la droite varoise verra-t-elle toujours la nécessité de maintenir un tel lieu ?

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°94 du 3 décembre 1999, avec le titre suivant : Toulon : l’Hôtel des arts dans l’expectative

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