Mardi 18 décembre 2018

Saison africaine en Angleterre

\"Africa 95\" commencera dès la fin de l’été

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1995 - 414 mots

L’art et la culture de l’Afrique vont être célébrés, du mois d’août au mois de décembre, en Grande-Bretagne. Organisé pour présenter l’immense variété de la création africaine contemporaine, \"Africa 95\" veut aussi mettre en évidence les relations entre artistes africains et britanniques. L’événement sera sans conteste l’exposition \"Africa : Art of a Continent\", présentée à la Royal Academy de Londres à partir du 4 octobre.

LONDRES (de notre correspondante) - Embrassant à la fois l’Afrique et ce qu’il est convenu d’appeler la "diaspora" africaine dans le monde, cette manifestation couvrira les arts visuels, les arts du spectacle, la musique, la littérature et le cinéma. L’un des aspects les plus fascinants d’"Africa 95" sera de montrer les liens existant entre l’art africain classique (présenté à la Royal Academy) et les œuvres contemporaines exposées dans les galeries Whitechapel, Serpentine, Barbican, etc : comment, par exemple, les artistes nigérians contemporains ont assimilé, ou au contraire, comment leur réaction au poids et la force de l’art du Bénin a donné naissance à ces pièces sculptées massives appréciées des collectionneurs.

En Angleterre, les principaux événements auront lieu à Londres, Birmingham, Leeds, Nottingham, Liverpool, Exeter, York et Cardiff. Le clou de la saison sera indiscutablement la grande exposition qui se tiendra, du 4 octobre au 21 janvier 1996, à la Royal Academy de Londres. Intitulée "Africa : Art of a Continent", l’exposition rassemblera six cents œuvres du continent africain, de la préhistoire jusqu’à 1900.

Clementine Deliss, la directrice artistique pour l’ensemble du programme, explique qu’"Africa 95" ne sera pas comparable aux festivals japonais ou espagnol organisés en Angleterre ces dernières années. Le projet a mûri de façon empirique (par exemple, Norman Rosenthal, directeur de la Royal Academy, avait projeté son exposition africaine avant même qu’"Africa 95" ne soit conçu) et n’a pas bénéficié à l’avance d’un important budget. L’impulsion est venue des artistes africains eux-mêmes, nombre d’entre eux ayant reçu la visite de Clementine Deliss ces derniers mois.

"Pour obtenir des fonds, explique-t-elle, il eut été préférable d’organiser des expositions intitulées "L’art du Ghana" ou "La musique du Nigeria", mais ce n’est pas la politique qui a été choisie". Voilà dix ans au moins que les études sur l’art africain se sont entièrement renouvelées. Les cours d’art africain donnés à la School of African Studies de l’université de Londres par Clementine Deliss et John Picton ont largement contribué à alimenter le débat. Comme l’avait fait en son temps l’exposition de Jean-Hubert Martin au Centre Pompidou, "Les Magiciens de la terre".

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°16 du 1 juillet 1995, avec le titre suivant : Saison africaine en Angleterre

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