Marché de l’art

Rodica Seward rachète Tajan

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 23 janvier 2004 - 375 mots

La femme d’affaires américaine, qui collectionne la seconde école de Paris et l’art d’Extrême-Orient, entend « améliorer ce qui existe » et tourner davantage la société vers les États-Unis.

 PARIS - Le voile commence à se lever sur la nouvelle propriétaire de la maison de ventes Tajan. La société LVMH avait annoncé en décembre la cession de sa participation majoritaire à la mystérieuse société Rodard. Un acronyme pour Rodica Seward, une femme d’affaires américaine d’origine roumaine, vice-présidente et responsable de la stratégie de Platinum Equity, firme américaine spécialisée dans l’acquisition et le développement de sociétés technologiques. C’est toutefois en son nom propre que Rodica Seward a choisi d’acheter la société Tajan. « On la voit dans nos ventes depuis environ trois ans, mais c’est seulement depuis quatre mois que nous avons commencé à discuter de ce projet », précise le commissaire-priseur François Tajan. L’équipe de Tajan a rencontré sa nouvelle actionnaire principale à la mi-janvier. « C’est une femme cultivée qui a du goût. Elle est droite, elle a l’air franche. Elle a envie d’être une actionnaire active et non sommeillante », affirme l’expert en art contemporain Marie-Aline Prat.
Titulaire d’un MBA (mastère de gestion) de l’université de Columbia, diplômée en architecture, familière des grands arcanes financiers, Rodica Seward est aussi collectionneuse. Elle aurait un penchant prononcé pour la seconde école de Paris et l’art d’Extrême-Orient. D’après certains observateurs, ses achats en ventes publiques seraient toutefois modestes. Inconnue du sérail, Rodica Seward se frotte à un milieu dont elle semble ignorer les ficelles et peut-être les pièges. Aurait-elle acheté Tajan sans audit et sans stratégie ? Selon plusieurs sources, elle multiplie les consultations avec les professionnels pour affiner sa connaissance du marché de l’art. « Rodica Seward ne peut pas donner des formules miracles du jour au lendemain, estime François Tajan. Ses ambitions sont d’améliorer ce qui existe. Si elle a acheté la société, c’est que le schéma conducteur lui convenait. Autour du 15 février, nous serons en mesure de donner les futures grandes lignes du management.  On se tournera peut-être davantage vers les États-Unis, ce qu’on espérait du temps de Phillips. » Le goût de Rodica Seward pour l’art moderne pourrait aussi la conduire à conforter ce secteur, un des plus rentables de Tajan.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°185 du 23 janvier 2004, avec le titre suivant : Rodica Seward rachète Tajan

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