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Le Journal des Arts

Le 30 septembre 2008 - 540 mots

Nouveau directeur du Guggenheim, Richard Armstrong entend changer le cap de la fondation new-yorkaise.

NEW YORK - Richard Armstrong, ancien directeur du Carnegie Museum of Art à Pittsburgh (Pennsylvanie), a été nommé directeur de la Fondation et du Musée Solomon R. Guggenheim le 23 septembre. La veille de sa nomination, il nous a confié les grandes lignes de ses projets pour le musée new-yorkais et ses branches internationales. Succédant à Thomas Krens, Richard Armstrong, 59 ans, prendra ses fonctions le 4 novembre.
Face au comité de sélection, Richard Armstrong a affirmé sa volonté de redonner une dimension intellectuelle à l’institution, donnant plus de pouvoir aux conservateurs, et tâchant de rendre sa pertinence au musée, en particulier auprès des plus jeunes. Si le conseil reste déterminé à approfondir les relations avec l’Asie et l’Amérique latine, il n’a pas exprimé d’« appétit majeur de poursuivre l’implantation de nouveaux sites pour l’instant ». Prendre les rênes du projet Abou Dhabi, où une nouvelle branche du Guggenheim ouvrira en 2013, sera, dit-il, un défi. Par ailleurs, il entend recentrer la programmation sur New York, où résident la plupart des administrateurs du musée. Outre une intégration plus affirmée, le nouveau directeur souhaite renforcer la capacité des branches satellitaires à produire et à accueillir des expositions, tout en affirmant son intention de développer des partenariats avec des musées en dehors du réseau Guggenheim. « À mon sens, la Tate serait le partenaire le plus logique », nous a-t-il confié. Une rencontre avec son directeur, Nicholas Serota, est prévue à Londres ce mois-ci.
Affable et réputé pour sa prudence financière, Richard Armstrong incarne le retour d’un style de gestion plus traditionnel, loin de l’expansionnisme révolutionnaire et souvent controversé de Thomas Krens. William Mack, président du conseil d’administration, estime que « Richard Armstrong a la sagesse et l’attitude – ainsi que les connaissances, la stature, et le statut – [recherchés] pour être le nouveau chef de la fondation. » Jennifer Stockman, qui a coprésidé le comité de sélection avec William Mack, décrit le style de direction d’Armstrong comme étant basé sur « une vision artistique, la diplomatie et l’inspiration. ». Si les administrateurs ont décidé de fusionner les postes de directeur du musée avec celui de directeur de la fondation, « l’arrivée d’un directeur [indépendant] sur la Cinquième Avenue [sur laquelle se trouve le musée] n’est pas à exclure. »

Grandes rétrospectives
Côté programmation, les rétrospectives de Catherine Opie, Kandinsky et Frank Lloyd Wright, coïncidant avec le 50e anniversaire de l’édifice historique tout juste rénové, sont annoncées. Richard Armstrong projette ensuite de valoriser la collection permanente. Selon lui, le musée a fait de bons choix en termes d’acquisitions d’œuvres contemporaines, mais sa stratégie prévoit de combler les manques de la collection d’art moderne, tout en étoffant les fonds des années 1940 à 1975. Il envisage aussi de développer les domaines de l’art asiatique et sud-américain – chose possible seulement avec l’aide de donateurs et de mécènes. Richard Armstrong souhaite avant tout redonner du contenu à l’institution. Devant le comité de sélection, il a déclaré « qu’à travers les conservateurs, [le Guggenheim] se réaffirma en tant que lieu d’une grande ambition intellectuelle. […] C’est un facteur intangible qui est tout à fait essentiel car c’est une question de crédibilité »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°288 du 3 octobre 2008, avec le titre suivant : Redonner du contenu

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