Samedi 24 février 2018

Paris-Bruxelles-Bruxelles-Paris... vu de Gand

Le Journal des Arts

Le 5 novembre 2009

En concrétisant fin novembre un accord de coproduction autour de l’ex­position \"Paris-Bruxelles-Bru­xel­les-Paris\", prévue du 18 mars au 14 juillet au Grand Palais à Paris, les communautés flamande et francophone belges ont souhaité met­tre un terme aux conflits linguistiques qui n’ont pas manqué de surgir depuis le début du projet.

PARIS - Prévue en 1995, la manifestation pluridisciplinaire bâtie autour des relations que Paris et Bruxelles ont entretenues de 1848 à 1914 s’ouvrira avec deux ans de retard. Organisé à l’initiative du Musée d’Orsay, le projet est destiné à éclairer les correspondances artistiques et littéraires qui lièrent ces deux villes grâce à une langue et une culture commune.

L’idée, née en 1991, a pourtant failli ne jamais voir le jour. Après deux années de tergiversations, la Communauté française de Belgique – chargée des décisions cultu­relles – y oppose en 1993 une fin de non-recevoir motivée, entre autres, par des raisons budgétaires. "Une véritable gifle", reconnaît Anne Pingeot, co-commissaire de l’exposition.  Elle se tourne alors vers le Musée des beaux arts de Gand, situé au cœur de la région flamande, qui cherche une manifestation d’envergure pour célébrer son centième anniversaire. Prenant le relais de l’équipe francophone pressentie au départ, une nouvelle version voit le jour. L’exposition se prépare entre Paris et Gand, écartant définitivement Bruxelles.

En définissant aujourd’hui de nouvelles modalités de participation pour la communauté française – un accord financier de 5 millions de francs belges (300 000 F) et une plus large ouverture à une saison France-Belgique incluant une exposition-dossier au Musée d’Orsay, intitulée "Verhaeren : un musée imaginaire", reprise à Bruxelles, et renforçant l’importance de "Rodin en Belgi­que", prévue à Charleroi (région wallonne) –, sa faiblesse se fait moins apparente. Mais en ne faisant pas escale à Bruxelles, cet événement ne manquera pas de soulever encore quelques questions. Avant les élections fédérales de 1999, au moment où la communauté flaman­de cherche à séduire les Bruxel­lois, majoritairement francophones, ce "dialogue franco-belge" vu de Gand ne peut manquer de ressembler à une conquête linguistique supplémentaire qui a toutes les chances d’être mal perçue.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°32 du 1 janvier 1997, avec le titre suivant : Paris-Bruxelles-Bruxelles-Paris... vu de Gand

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