Lundi 10 décembre 2018

Opérations 2005

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 6 janvier 2006 - 722 mots

Le mécénat culturel avait été marqué en 2004 par des « coups » spectaculaires. L’année 2005 a enregistré de nombreuses acquisitions, notamment pour le Musée du Louvre. Quelques exemples.

 S’engager
Seul musée à avoir réellement développé une stratégie mécénat – avec une quinzaine d’employés dévolus à cette tâche et des recettes, pour 2005, s’élevant à 24 millions d’euros, le Musée du Louvre s’est attaché les services du groupe AGF, avec lequel il a signé une convention sur trois ans. Le groupe a acquis pour le musée une Nymphe sculptée pour le domaine de Marly par Claude Poirier (1656-1729), et reconnue trésor national, d’une valeur de 1,25 million d’euros. Il participera également à l’exposition phare de l’année, consacrée à Ingres, à hauteur de 550 000 euros, et à la commande publique d’une œuvre contemporaine destinée à être intégrée à l’architecture du musée (pour un montant non encore déterminé).
Autre opération de taille pour le Musée du Louvre en 2005 : l’acquisition en mars d’un autre trésor national, La Vestale (1787), statue en marbre de Jean Antoine Houdon, achetée 9,78 millions d’euros à Georges Wildenstein, à New York, par le groupe Axa, qui l’a remise au Louvre au printemps dernier. Sans oublier, bien sûr, la rénovation de la salle des États, où trône La Joconde, rouverte au public en avril grâce au mécénat de Nippon Television Network (pour 4,8 millions d’euros), et l’acquisition en mai de la Vierge au rameau de chêne, dite Madone Hesselin (vers 1640), de Simon Vouet, grâce au mécénat du groupe HSBC (pour 800 000 euros).

Associer
Au printemps 2005, le domaine du château de Versailles a lancé une étude sur les quelque trois cents statues de son parc. Un appel a ensuite été lancé aux petites et moyennes entreprises (PME) pour qu’elles « adoptent » une statue parmi les vingt-six dont la restauration était urgente. L’engagement des PME demandait des budgets relativement abordables, allant de 3 000 à 30 000 euros. La première campagne « Adoptez une statue » a rapporté 260 000 euros pour vingt-deux statues concernées sur vingt-six. Un second appel au mécénat vient d’être lancé, et les statues sont visibles sur le site Internet du château (www.chateauversailles.fr), avec des photographies et leur descriptif. Les particuliers ont également eu la possibilité de participer à l’aventure avec un budget plus modeste démarrant à cent cinquante euros.

Préserver
Poursuivant son action en faveur des musées, la fondation BNP Paribas a permis à Nostre Dame de Grasse, délicate Vierge à l’Enfant du XVe siècle, conservée au Musée des Augustins de Toulouse, de retrouver sa splendeur passée et sa polychromie originale. D’un montant de 30 000 euros, la restauration de cette œuvre, dévoilée au public le 9 décembre à l’occasion d’une exposition-dossier réalisée sous l’égide du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), s’inscrit dans le cadre du programme BNP Paribas pour l’art. Celui-ci a lancé pour 2005 d’autres opérations, comme la restauration de cinq peintures animalières de Christophe Huet, conservées au Musée Condé de Chantilly, pour 80 000 euros (convention de mécénat signée en septembre) et la restauration de trois peintures du Musée des beaux-arts de Pau, pour 30 000 euros (Le Départ de Tobie de Millet, L’Adoration du veau d’or de Gerard Hoet et La Prédication de saint Jean-Baptiste de Carlo Maratta). BNP Paribas a aussi participé à la restauration de La Descente de Croix de Charles Le Brun pour le Musée des beaux-arts de Rennes à hauteur de 40 000 euros, pour un montant total de 64 000 euros.

Accompagner
Pour l’ouverture exceptionnelle de la nef du Grand Palais, à Paris, fraîchement restaurée, lors des Journées du patrimoine en septembre (lire le JdA no 220, 9 septembre 2005), les visiteurs ont pu découvrir les deux globes monumentaux de Coronelli. Réalisés à la demande de Louis XIV entre 1681 et 1683, présentés au public pour la dernière fois il y a vingt-cinq ans, ils ont été mis en scène par l’architecte Patrick Bouchain, qui les a suspendus à cinq mètres du sol. Les globes seront installés à la Bibliothèque nationale de France (BNF), sur le site François Mitterrand, courant 2006. Natexis Banques populaires s’est associée à cette aventure à hauteur de 800 000 euros, somme destinée, d’une part, à valoriser puis à déplacer les globes, et, d’autre part, à les restaurer à la BNF avec le C2RMF.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°228 du 6 janvier 2006, avec le titre suivant : Opérations 2005

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