Jeudi 19 septembre 2019

Sommet du G7

Naples se met en frais

Restauration du Palais royal et expositions archéologiques

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1994 - 636 mots

En vue de la réunion des chefs d’État des pays les plus industrialisés du monde – le \"G7\" – en juillet, la cité de Naples s’est transformée en immense chantier, pour présenter au mieux ses richesses artistiques.

NAPLES - Des travaux depuis longtemps indispensables, comme le repavement de la via Posillipo et de la piazza Garibaldi, sont presque terminés. Il en va de même de la piazza Plebiscito, vaste esplanade néoclassique sur laquelle donne le Palais royal, où aura lieu le sommet. En raison des indispensables travaux d’adaptation, c’est ce bâtiment qui a reçu les interventions les plus variées. La restauration des façades a ainsi permis de récupérer une bonne partie de la décoration originale de Domenico Fontana dans la cour d’honneur, ainsi que les stucs et les métopes de la cour du Belvédère.

Toutes les pièces du palais ont été réaménagées, et les trois sacristies adjacentes à la chapelle royale ont été rouvertes. Les aménagements intérieurs de l’appartement historique ont également été refaits, et on a transformé en salles d’exposition les vastes espaces du Manège et de la Remise des carrosses. Les dallages en mosaïques de marbre ont été nettoyés, et les stucs de la fin du siècle dernier consolidés dans la galerie Umberto Ier.

La collection Farnèse
Dans le domaine des expositions, cinq cents pierres précieuses – un quart environ de la collection Farnèse – étincelleront dans les anciennes salles des Vénus attenantes au Musée archéologique national. Selon Stefano De Caro, surintendant à l’archéologie, il ne s’agira pas d’un regroupement temporaire pour le sommet du G7, mais bien d’une exposition permanente.

L’objet le plus prestigieux de la collection, qu’on peut dater des débuts du IIe siècle av. J.-C., est la "Tasse Farnèse", camée gravé sur sardoine, qui a la particularité d’être sculpté sur ses deux faces. Sa face intérieure présente des scènes mythologiques interprétées comme allégorie de la fertilité de l’Égypte grâce aux eaux du Nil ; la face extérieure est ornée d’une grande tête de Méduse aux cheveux flottants. Cette tasse provient du trésor des Ptolémées, et aurait – selon la tradition – appartenu à Cléopâtre avant de connaître de multiples vicissitudes : "conquise" par Octave après Actium, elle entre dans le Trésor de l’Empire romain avant de passer à Byzance, puis à Samarkand en 1400, pour arriver à la Cour de Laurent le Magnifique en 1470. Elle est parvenue dans les collections de Charles de Bourbon par l’héritage de sa mère Élisabeth Farnèse, en compagnie d’autres trésors que l’on pourra aussi admirer.

Laurent le Magnifique
L’aménagement de l’exposition a été confié à Mariana Rosaria Borriello. On y verra entre autres le sceau de Néron, une tête d’Aphrodite signée par l’artiste grec Sosias, le portrait gravé sur améthyste d’Antonin le Pieux et le camée de Laurent le Magnifique représentant le concours entre Apollon et Marsyas, considéré comme le manifeste idéologique de la religion augustéenne.

Deux autres présentations sont prévues au Musée national pour la rencontre du G7. D’une part, seront présentés des marbres et des bronzes provenant de Grande Grèce, de Sicile et du centre de l’Italie, avec des inscriptions en langue osque et en dialectes sabelliques, provenant de la collection épigraphique. D’autre part, l’exposition des vases privilégiera surtout la production attique archaïque et classique (figures noires et figures rouges), ainsi que la céramique italiote des VIe-IIIe siècles av. J.-C. Ainsi, l’hydrie Vivenzio du peintre Kléophradès et certains des cratères apuliens à volutes les plus célèbres, dont le vase des Perses et celui de Patrocle, attribués tous deux au peintre de Darius, seront exposés dans leurs salles respectives.
Un volume présentant la collection Farnèse est publié chez Electa, sous la direction du professeur Carlo Gasparri.

Naples, Musée archéologique national, à partir du 18 juin 1994, dans les salles des Vénus, exposition permanente de la collection Farnèse, des collections épigraphiques et de vases antiques du musée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : Naples se met en frais

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