Mécano

Musée tricéphale

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 21 septembre 2011 - 507 mots

Le Département du Rhône a décidé de réunir en un seul établissement ses deux musées archéologiques et les Confluences.

LYON - Le Musée des Confluences, à Lyon, et les deux musées archéologiques gallo-romain, Saint-Romain-en-Gal (Vienne, Rhône) et Lyon-Fourvière, font désormais cause commune. Leur tutelle, le Département du Rhône, a en effet décidé de sceller leurs destins avec la création, le 1er septembre, d’une « Direction des musées départementaux ». Hélène Lafont-Couturier, arrivée à la tête du Musée gallo-romain Lyon-Fourvière en janvier 2010, a pris les rênes de cette nouvelle institution tricéphale. Elle a auparavant travaillé à l’inauguration de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, à Paris en 2007, et, en 1991, à l’ouverture du Musée Goupil, à Bordeaux.  Cette initiative destinée à mutualiser les services des musées prépare le terrain pour la création d’un futur établissement public à caractère administratif ou commercial. « Chaque musée garde sa spécificité et son indépendance scientifique », précise Hélène Lafont-Couturier. À cet effet, un conservateur du patrimoine a été nommé à la tête de chacun des trois établissements : M’Hammed Behel au Musée de Saint-Romain-en-Gal ; Hugues Savay-Guerraz à Lyon-Fourvière et Bruno Jacomy aux Confluences. Tous officiaient déjà en tant que conservateur dans les institutions dont ils vont prendre les commandes sous la houlette d’Hélène Lafont-Couturier. Cette dernière précise qu’« il y a beaucoup de choses communes à imaginer, en ce qui concerne la programmation notamment. À titre d’exemple, le Musée Lyon-Fourvière va consacrer une exposition à la médecine romaine ; le thème aurait très bien pu être décliné de diverses manières aux Confluences ».

Outre cette rationalisation des moyens, l’opération vise à donner un élan décisif au Musée des Confluences, qui doit ouvrir en 2014 sur la pointe de la presqu’île entre Rhône et Saône. Projet titanesque lancé en 1999, le chantier avait pris un retard considérable – les travaux du complexe conçu par les architectes Coop Himmelb(l)au n’ont démarré qu’en 2010 –, tandis que le budget a triplé, passant de 61 à 175 millions d’euros. L’année dernière, nouveau coup dur, les Confluences perdaient celui qui avait mis le projet sur les rails, Michel Côté, nommé directeur général du Musée de la civilisation à Québec. 

Dans un maillage urbain 
Isolé dans une ville aux couleurs politiques distinctes de celles du département, ovni architectural spectaculaire qui dénote avec l’architecture de la cité, le Musée des Confluences peine à s’intégrer à son territoire ; une partie de la population et des élus demeure sceptique à son égard. En l’unissant aux deux musées d’archéologie, qui sont à l’inverse bien enracinés dans la ville, le Département insère les Confluences dans un maillage urbain qui devrait l’aider à séduire le public, mais aussi à susciter des partenariats publics comme privés. La mutualisation des moyens doit, enfin, profiter au Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière dont le parcours permanent sera entièrement rénové et pour lequel il est question d’externaliser des réserves qui arrivent à saturation. Une fois la rénovation lancée, le musée pourrait continuer, pendant sa fermeture, de présenter une partie de ses collections… aux Confluences évidemment.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°353 du 23 septembre 2011, avec le titre suivant : Musée tricéphale

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