Vendredi 19 octobre 2018

Grand Palais

Monumenta lancera le marathon estival

Anselm Kiefer sera le premier artiste invité à intervenir dans la nef de verre et d’acier

Le Journal des Arts

Le 29 août 2007 - 622 mots

Cette année, c’est à Paris que démarre le marathon estival de l’art contemporain, riche comme jamais, du fait de la coïncidence des différentes biennales et autres manifestations périodiques européennes. Avant les étapes de Venise, Bâle, Cassel et Münster, départ au Grand Palais, donc, avec la première édition de Monumenta.

PARIS - Qu’est ce que Monumenta ? Une rencontre « entre un lieu, une oeuvre et un artiste », pour Renaud Donnedieu de Vabres, qui en faisait récemment l’annonce. Le principe est très simple : chaque année (en 2007, du 30 mai au 8 juillet), la nef du Grand Palais est confiée dans sa totalité à un artiste, invité à y développer un projet inédit. En 2007, Anselm Kiefer; en 2008, Richard Serra ; en 2009, Christian Boltanski. Le choix de ce premier triptyque pose clairement les partis pris : l’homogénéité sur le plan générationnel, avec des créateurs en pleine maturité, consacrés par l’institution, le marché, la critique et même l’histoire. Le refus de toute sensation jeune (a priori pas de toboggan à l’horizon). Un impeccable équilibre sur le plan du pays d’origine des artistes : un Américain, un Français, et, pour commencer, le plus allemand des créateurs vivant en France (« Ma biographie, c’est la biographie de l’Allemagne », dixit Kiefer).

Défi monumental
Contrairement à ce que son nom (mi Documenta-mi Manifesta) pourrait laisser imaginer, Monumenta s’écarte des modèles fondés sur la mise en avant du commissaire et le système de la liste. Elle s’inspire davantage des Unilever Series de la Tate Modern, immense succès public et médiatique de l’art contemporain des années 2000. Elle en retient le sens du défi monumental, du geste spectaculaire, de la confiance dans la capacité des artistes à réinventer l’espace de l’oeuvre. Mais il ne s’agit pas, pour autant, d’une simple transposition.

Parce que certains traits forts caractérisent d’ores et déjà la manifestation parisienne, comme le choix de placer la relation au public au coeur même du projet artistique avec des tarifs ciblés au plus juste, de larges horaires d’ouverture (dont un midi-minuit, du jeudi au dimanche inclus), la mise en oeuvre d’un important dispositif de médiation. Aussi, et surtout, parce que les caractéristiques du site rendent proprement unique tout projet qui s’y développe, au risque du sublime, comme de l’ingérable : immensité des surfaces et des volumes (13 500m2 et 45 m de hauteur sous la coupole, à mesurer aux 5 400 m2 du Turbine Hall de la Tate), conditions lumineuses et climatiques amplifiées par la verrière, contraintes d’accès, de jauge, de sécurité... Elles mettent les artistes en situation de relever un véritable défi (mais après tout, comme le faisait remarquer en substance Christian Boltanski, exposer dans sa cuisine, n’est-il pas aussi un défi ?)

La même obligation d’oser, d’innover, d’inventer est assignée aux instances productrices de l’événement et à leur tutelle, le ministère de la Culture. Celui-ci alloue un budget de 800 000 euros à chaque édition (pour un coût total estimé à 2 300 000 euros). Un engagement véritable, sur la base duquel il appartient aux organisateurs de développer des recettes propres et de fédérer des financements privés. Ce n’est pas le moindre pari de Monumenta.
 

.C’est le statut d’Etablissement public industriel et commercial (EPIC) qui a finalement été retenu pour le Grand Palais, a annoncé le Ministre de la Culture et de la Communication, qui indique que le décret en ce sens sera publié courant janvier. S’il est encore trop tôt pour disposer d’informations sur le budget de l’établissement, l’orientation de ses missions, la constitution de son équipe... on note en revanche que cette décision clôt le débat quant à l’affectation du site, en excluant l’opportunité de déléguer à un opérateur privé sa gestion et le financement des travaux restant à y conduire.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°250 du 5 janvier 2007, avec le titre suivant : Monumenta lancera le marathon estival

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