Musée des tissus - Chronique d’un sauvetage provisoire

Lyon, un répit pour le Musée des tissus

Menacé de fermeture, le Musée des tissus à Lyon a obtenu un répit pour 2016, grâce à un financement croisé État-Région-Métropole

Le Journal des Arts

Le 15 mars 2016 - 807 mots

La Chambre de commerce et d’industrie de Lyon, propriétaire de l’institution, a accepté de reporter à la fin 2016 la décision de fermeture du Musée des tissus. Ce répit, qui conclut une séquence pleine de rebondissements, découle de l’accord entre l’État et les collectivités territoriales sur une participation financière au budget de 1,7 million d’euros pour 2016.

LYON - Le Musée des tissus et le Musée des arts décoratifs de Lyon peuvent souffler : après de multiples péripéties, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon, propriétaire de l’institution, a accepté in extremis, le 10 mars, de surseoir à leur fermeture pour l’année 2016, en échange de la participation financière conjointe de l’État, de la Région et de la Métropole. Les jours précédents, un mauvais feuilleton s’était déroulé sous les yeux des personnes attachées à ce musée pris depuis plusieurs mois dans la tourmente.

Lundi 7 mars, un vent d’espoir a soufflé lorsqu’une lettre de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a été transmise aux acteurs du dossier. « J’ai demandé au préfet de coordonner les propositions des partenaires publics, pour accompagner la Chambre [de commerce et d’industrie] sur la gestion spécifique de l’année 2016. L’État participera également à cet effort, dans l’attente de voir déboucher la réflexion », précise alors la ministre. L’État s’engage ainsi à hauteur de 250 000 euros pour l’année 2016, le temps de trouver une solution pérenne et une nouvelle gouvernance pour le musée en nommant un médiateur. Une décision de bonne augure pour la réunion qui s’est tenue le lendemain dans les salons de la préfecture de Lyon, associant les représentants du ministère de la Culture, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Ville et de  la Métropole de Lyon, et les membres de la CCI de Lyon.

Au cours de cette troisième et dernière réunion préfectorale sur le musée avant le vote du budget 2016 de la CCI le 14 mars, Emmanuel Imberton, président de la Chambre, menaçait de supprimer la ligne de financement du musée si aucune solution concrète n’était trouvée.

Le refus de la Ville de Lyon d’abonder au budget du musée a failli, en effet, anéantir tout espoir de parvenir à un accord, Laurent Wauquiez, président (LR) de la Région, conditionnant son engagement d’un montant de 250 0000 euros à la participation équivalente de Lyon au budget provisoire. Pour Lyon, à qui échoit la responsabilité du Musée des Confluences depuis le 1er janvier 2015 (18 millions d’euros de budget annuel), pas question de mettre au pot pour le Musée des tissus. Le soir même, Gérard Collomb, maire (PS) de Lyon et président de la Métropole, annonce pourtant un partenariat avec la décoratrice d’intérieur Brigitte Saby pour trouver des mécènes privés.

« Je lutte pour la sauvegarde de la CCI, j’ai protégé le musée le temps qu’il a été possible, mais aujourd’hui, je ne peux plus assumer les frais de fonctionnement du musée sans en faire pâtir la Chambre. Ce n’est pas la mission d’une CCI, son cœur de métier est l’accompagnement et le soutien aux entreprises », a répété, excédé, Emmanuel Imberton, à la sortie de la réunion, confiant au Journal des Arts : « Cela fait des mois que l’on se fait balader ; 250 000 euros consentis par l’État, ce n’est évidemment pas assez ! » Et de prévenir : « Seule une solution pour l’avenir, véritablement pérenne, est acceptable. » L’épreuve de force engagée par la CCI a fait réagir le préfet du Rhône, Michel Delpuech, en appelant la Chambre « à la sagesse et à la responsabilité de la CCI. Un processus de fermeture ne permettra aucune économie en 2016 puisque le licenciement de vingt personnes coûtera 1,3 million d’euros ».

Neuf mois de répit
Le lendemain, mercredi 9 mars, le « forcing » employé par Emmanuel Imberton semble avoir payé : un communiqué de dernière minute annonce la participation de la Ville et de la Métropole lyonnaise à hauteur de 125 000 euros pour chacune. Après une journée de réflexion, Emmanuel Imberton accepte cette solution provisoire, et le financement croisé État-Région-Ville-Métropole, à hauteur de 750 000 euros pour l’année 2016. La CCI met de son côté au vote un budget d’un million d’euros pour atteindre la somme nécessaire au fonctionnement annuel du musée, soit 1,7 million d’euros. Le communiqué de presse de la CCI sonne comme un avertissement : « Les engagements pris par les acteurs publics nous permettent de reporter l’éventuelle fermeture du musée à la fin de l’année. » Pour Emmanuel Imberton, « il ne reste que neuf mois pour assurer définitivement un avenir à ce patrimoine exceptionnel », faute de quoi il devrait faire acter cette fermeture à la fin de l’année 2016. La CCI souhaite l’intégration du Musée des tissus à la liste des musées nationaux. Le médiateur du ministère de la Culture devra s’atteler à la tâche.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°453 du 18 mars 2016, avec le titre suivant : Lyon, un répit pour le Musée des tissus

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