Samedi 15 décembre 2018

Lucien Bernard, discrétion et efficacité

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 1 janvier 2004 - 388 mots

Lucien Bernard, assureur d’œuvres d’art, cultive la discrétion et le secret. Ainsi, l’on apprend que parmi la centaine de galeries avec lesquelles il collabore, certaines sont localisées rue des Beaux-Arts, rue Louise Weiss ou avenue Matignon, sans plus de détails, ou encore que, des cinq maisons de ventes parisiennes les plus actives, il en assure trois... Car la confidentialité est le fondement de la sûreté des œuvres et ce qui lui a permis de tisser depuis vingt ans un solide réseau de clients, partagés entre collectionneurs privés, galeristes, commissaires-priseurs mais aussi institutions ou villes proposant des expositions in situ. Lucien Bernard n’en est pourtant pas arrivé là par hasard. Amateur et collectionneur d’art depuis presque trente ans, il s’engage tout naturellement dans l’aventure avec son premier client de l’époque, le musée Maillol. Il aime à rappeler qu’il partage le même milieu que ceux qu’il assure, qu’il fait partie du sérail, facteur indispensable pour engendrer une confiance réciproque. « Pour les grandes expositions, nous devons vérifier que les contrats reposent sur des valeurs très établies, que toute la chaîne soit de qualité : des emballeurs-transporteurs aux commissaires d’exposition. » Les œuvres sont en effet prises en charge par ce que l’on nomme la garantie « clou à clou », incluant le transport, le séjour et le retour. Loin de l’image taciturne de l’assureur, il est ainsi de tous les vernissages et les foires d’art où des complications de dernières minutes peuvent toujours survenir : une œuvre emportée intempestivement et pas encore assurée, un prêteur voulant inopinément un certificat… Les problèmes majeurs, et notamment le plus catastrophique de tous, l’incendie total, ne surviennent heureusement que très rarement. Les vols, en revanche, sont toujours existants comme l’a montré récemment ce petit format disparu d’une galerie parisienne le soir du vernissage. Parmi ses plus gros contrats, Lucien Bernard s’occupe actuellement de l’exposition « Picasso intime » à la pinacothèque de Paris et on lui doit par le passé, la prise en charge, avec son associé Hugo Rubini, des manifestations du musée du Luxembourg telles que « Raphaël », « Modigliani » ou « Botticelli ». Quant à évoquer les projets futurs, il demeure fidèle à sa réputation et indique qu’il en cultive de nombreux, mais la sélection pour collaborer aux expositions se faisant sur concours, rien ne peut être dévoilé avant l’heure...

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°554 du 1 janvier 2004, avec le titre suivant : Lucien Bernard, discrétion et efficacité

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