Diplomatie culturelle

L’Institut français fait ses premiers pas

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 1 février 2012 - 502 mots

Créé il y a un an pour unifier le réseau culturel à l’étranger, l’Institut Français vient de prendre ses premières mesures concrètes pour mener à bien sa mission. Pilotés par ce jeune établissement public, des bureaux culturels fédérant les services de coopération et d’action culturelle et les centres culturels français viennent d’être lancés dans douze pays. Un bilan de cette expérimentation sera réalisé fin 2013.

PARIS - S’il aura mis du temps à voir le jour, le nouvel outil destiné à piloter l’action extérieure de la France, créé le 1er janvier 2011, suit désormais à la lettre son calendrier. Après avoir été pourvu d’un président, – l’ancien ministre Xavier Darcos –, doté d’une marque unique – Institut Français –, signé son contrat d’objectif et de moyen en décembre dernier, et pris place dans de nouveaux locaux, il se lance désormais dans l’expérimentation qui est à l’origine de sa naissance : celle de l’unification du réseau culturel français à l’étranger. Pas à pas, comme l’a finalement concédé le législateur par la loi du 27 juillet 2010, et après des années d’atermoiements autour du sujet.

Depuis le 1er janvier, dans 12 pays (Inde, Singapour, Abou Dhabi, Koweït, Ghana, Sénégal, Cambodge, Royaume-Uni, Chili, Serbie, Danemark, Géorgie), services de coopération et d’action culturelle et centres culturels français ont donc été fédérés sous la bannière du nouvel établissement industriel et commercial (Epic) qu’est l’Institut Français (IF). Ces « bureaux locaux » de l’IF continuent toutefois à cohabiter avec les Alliances françaises, vaillantes résistantes à une absorption qui a finalement été abandonnée pour être trop complexe et coûteuse.

Des indicateurs de réussite, relatifs notamment au taux d’activité ou aux levées de fonds de ces bureaux locaux permettront d’établir un bilan, au plus tard le 31 octobre 2013. Mais Xavier Darcos ne s’en est pas caché : « L’esprit de la loi c’est qu’il faut avancer, a t-il précisé. L’expérimentation doit aboutir ». À terme – mais quand ? –, toutes les structures devront donc être pilotées par l’Epic. Côté actions, si le caractère foisonnant et souvent peu lisible du programme demeure, le nouvel Institut s’affiche désormais sans ambiguïté comme l’outil de la diplomatie d’influence française. Ses représentations devront donc coller davantage aux objectifs de la politique étrangère, des zones géographiques stratégiques ayant été définies, comme la Méditerranée, l’Europe ou les pays arabes, « les pays prescripteurs et émergents » et l’Afrique. D’où la disparition récente de plusieurs centres, justifiée, selon Xavier Darcos, par la mise à jour d’une « carte datant du lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». Aucune nouvelle fermeture ne devrait toutefois être annoncée en 2012.

Coté festivités, cette année 2012 sera quant à elle marquée par des années croisées avec l’Afrique du Sud et la Croatie mais aussi par des échanges entre Paris et Los Angeles en matière d’art visuels ou un soutien à la création d’une biennale d’art contemporain au Bénin. Une réflexion autour du modèle de la villa Kujoyama, la villa Médicis japonaise, qui fêtera ses 20 ans, devrait également être engagée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°362 du 3 février 2012, avec le titre suivant : L’Institut français fait ses premiers pas

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