Écoles d’art

Les fiançailles d’écoles d’art en Loire-Atlantique

L’École des beaux-arts de Nantes et l’École des arts de Saint-Nazaire vont créer un ensemble accueillant près de 2 000 élèves en 2020. Le campus nantais se dote d’un nouveau bâtiment.

NANTES - L’année 2017-2018 marquera un tournant dans l’histoire de l’École supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole (ESBANM) : celle-ci emménagera dans son nouveau campus sur l’Île de Nantes, et va se rapprocher de l’École d’arts de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), une importante institution municipale (près de 800 élèves) dispensant des enseignements scolaires et extrascolaires et comprenant une classe préparatoire aux écoles supérieures d’art. Ces fiançailles, dont les modalités juridiques seront détaillées dans les prochains mois, étaient dans les cartons depuis quelque temps. Carole Rivalin, directrice de l’école de Saint-Nazaire, et Pierre-Jean Galdin, à la tête de l’ESBANM, répondent ainsi à deux objectifs. À l’échelle nationale, il s’agit de constituer un pôle d’enseignement artistique majeur par les moyens et les effectifs, pour conforter la place de Nantes parmi les meilleures écoles d’art françaises. À l’échelle locale, le projet apporte une solution originale au problème existentiel des classes préparatoires aux écoles d’art, en intégrant et développant la petite « prépa » de Saint-Nazaire (entre 10 et 20 étudiants) au sein des Beaux-Arts de Nantes dès septembre 2018.

Comme c’est le cas pour les autres écoles d’art, environ 80 % des candidats au concours de l’ESBANM (et 90 % des admis) viennent d’une « prépa », le plus souvent privée et parisienne. Or le coût de la scolarité et la rareté des bourses y opèrent une forte sélection sociale. C’est pour répondre à cette situation que Nantes et Saint-Nazaire vont dispenser un enseignement bilingue dès septembre 2018 en classe préparatoire et ainsi intégrer une moitié d’étudiants étrangers, tout en réservant 30 % de places aux boursiers, sur les 120 étudiants attendus à terme. Côté nantais, le campus accueillera à l’avenir 500 étudiants des deux cycles (contre 300 aujourd’hui). Soit un effectif total pour la nouvelle entité proche des 2 000 élèves en 2020.

À nouveaux objectifs, nouveaux moyens : les Beaux-Arts de Nantes emménageront dès le mois de septembre dans l’ancienne halle Alstom, sur l’Île de Nantes : cette partie du centre-ville, longtemps en friche, regroupera d’ici à 2020, dans le cadre d’un grand chantier de rénovation urbaine, un campus de six écoles d’enseignement supérieur artistique (design, architecture, arts vivants) et leurs 4 500 étudiants. La réhabilitation par l’architecte Franklin Azzi offre à l’ESBANM une surface utile de 8 560 mètres carrés. Aux 30 millions d’euros du chantier, financés à égalité par les collectivités et un emprunt de l’école, s’ajoutent un large renouvellement du parc de machines et l’installation de studios destinés au travail du son et de l’image, aux côtés des ateliers classiques (ferronnerie, gravure, photo, etc.). Un investissement important pour l’ESBANM, qui va de pair avec son plan de développement.

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Le nouveau bâtiment de l'Ecole supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole, sur l'île de Nantes. © Franklin Azzi Architecture.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°476 du 31 mars 2017, avec le titre suivant : Les fiançailles d’écoles d’art en Loire-Atlantique

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