Lundi 17 décembre 2018

Les comptes de Marlborough

Le Journal des Arts

Le 31 mars 2000 - 231 mots

Depuis 1995, John Edwards, unique héritier de Francis Bacon, se bat pour dresser l’inventaire de la succession. Aujourd’hui, l’exécuteur testamentaire porte plainte contre la galerie Marlborough qui, grâce à un contrat d’exclusivité abusif, aurait acquis des toiles à des prix sous-évalués pour les revendre, sans trace, au Liechtenstein.

LONDRES - En décembre 1998, des anomalies dans les comptes de la galerie Marlborough avaient conduit la justice à nommer Brian Clarke exécuteur testamentaire de Bacon (lire le JdA n° 82). Aujourd’hui, la succession accuse la prestigieuse galerie d’avoir exercé sur l’artiste une “influence excessive” : profitant du désintérêt de Bacon pour les questions financières, elle lui avait fait signer en 1958, sans aucun avis juridique, un contrat d’exclusivité pour dix ans, qui s’est pousuivi jusqu’à sa mort. La succession demande l’annulation d’un contrat qui n’aurait pas été “raisonnablement négocié” et fixait le prix d’achat des toiles, en fonction de leurs dimensions, de 165 à 420 livres ! À peine achevées, elles étaient envoyées à sa filiale au Liechtenstein, la MIFA, sans aucun reçu, pour y être revendues. La galerie avance que le produit des ventes était versé à Bacon sur un compte numéroté dans ce pays, mais la succession n’a toujours pas obtenu de bilan “complet et exact” des transactions. Elle a identifié 33 œuvres (d’une valeur de 30 millions de livres), exécutées de 1972 à 1981, qui n’apparaissent sur aucun registre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°102 du 31 mars 2000, avec le titre suivant : Les comptes de Marlborough

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