Mercredi 8 juillet 2020

Les beaux-arts en région

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 20 juin 2012 - 801 mots

Lille a ravi à Lyon la tête du sous-classement des musées de beaux-arts des villes de plus de 100 000 habitants,
objet de toutes les attentions de la part des élus de ces capitales régionales.

Reflet de l’ambition culturelle municipale, les musées de beaux-arts des grandes villes de France talonnent les établissements publics parisiens dans ce neuvième palmarès des musées. Le sous-classement ici proposé met en lumière les grands musées des villes de plus de 100 000 habitants, hors Paris. Pour cette année 2011 écoulée, le Palais des beaux-arts de Lille s’y est hissé à la première place, volant la vedette au Musée des beaux-arts de Lyon. Arrivé 8e du classement général, et en 2e position pour la partie accueil du public, le musée lillois a su faire la différence en améliorant ses résultats par rapport à 2010, avec, notamment, une augmentation des recettes commerciales, qui s’élèvent à 743 000 euros (soit 26 % de plus que l’année dernière), et une politique d’exposition ambitieuse. Les huit expositions temporaires, organisées pour un budget de près de 1,2 million d’euros, ont entraîné une augmentation de 4 % du nombre des visiteurs (soit 215 000 personnes),là où le musée lyonnais enregistre une diminution de 8 %,affichant tout de même 267 000 visiteurs en 2011. Il en est de même pour les recettes commerciales qui s’élèvent à 1 316 000 euros à Lyon (soit près du double de Lille), mais enregistrent une baisse de 8 %.

De manière générale, les deux institutions sont au coude à coude et si le musée lyonnais arrive en deuxième position, c’est parce qu’il n’a pu dépasser les bons résultats réalisés en 2010. Depuis son arrivée, il y a huit ans, à la tête de ce musée situé au confluent du Rhône et de la Saône, Sylvie Ramond a su développer la politique d’acquisition, en constituant notamment un cercle de mécènes locaux fidèles. En 2011, les recettes de mécénat se sont élevées à 1,4 million d’euros et le musée a pu faire entrer dans ses collections trois oeuvres de Pierre Soulages.

Des variations de fréquentation sensibles
Le Musée Fabre à Montpellier tire son épingle du jeu pour arriver ici en 3e position (et 11e au classement général), juste derrière Lyon (10e au classement général). Il enregistre 291 000 entrées, dont 74 % des visiteurs payants, et un budget de 1,7 million d’euros pour les expositions temporaires. Les recettes commerciales demeurent importantes (700 000 euros), mais elles connaissent une légère baisse (5 %) par rapport à 2010. Le Musée des beaux-arts d’Angers ne fait quant à lui plus partie du trio de tête de ce sous-classement, où il occupe désormais la 4e place – il est au 17e rang au classement général. L’institution est en passe de se doter d’un nouveau directeur. Pour remplacer Patrick Le Nouën, la municipalité a fait savoir qu’elle désirait un spécialiste de l’art contemporain pour qu’il soit encore plus présent dans les espaces du musée. Au Musée des beaux arts de Rouen, ici en 5e place, c’est déjà chose faite avec le départ de Laurent Salomé (parti pour la direction scientifique de la RMN -Grand Palais) qui a cédé sa place à Sylvain Amic, conservateur du Musée des beaux-arts de Montpellier. Si Rouen est passé de la 11e à la 20e position du classement général, c’est en partie dû à la chute vertigineuse de ses visiteurs (moins 70,5 % par rapport à l’année passée).

Un phénomène peu surprenant, l’année 2010 ayant été exceptionnelle avec la grande manifestation « Normandie impressionniste» à laquelle participait le musée avec son exposition « Rouen, ville de l’impressionnisme », où les foules s’étaient pressées. À l’inverse, le Musée Granet d’Aix-en-Provence (9e de ce sous-classement) se fait remarquer avec une hausse de 37,6 % de sa fréquentation (soit 177 000 visiteurs), mais aussi une augmentation de 22 % des recettes commerciales (qui s’élèvent à 400 000 euros) et une politique d’acquisition dynamique - nous avions omis de mentionner dans notre précédent dossier consacré à l’enrichissement des musées (JdA n° 370, 25 mai 2012)- l’entrée dans ses collections du Portrait d’Émile Zola par Cézanne, acquis pour 400 000 euros en vente privée en juillet 2011. Si le Musée des beaux-arts de Nantes (ici 7e) connaît une érosion du nombre de ses visiteurs, c’est sans nul doute à imputer aux travaux en cours. Fermé partiellement, il est promis à une rénovation complète et sera doté d’une extension. Le Musée des beaux-arts de Dijon (8e de ce sous classement) est dans une situation similaire : son chantier de rénovation a commencé à l’été 2008 et devrait s’achever en 2018, pour un coût total de 60 millions d’euros. Les deux institutions pourraient ensuite ravir la vedette aux tenants du titre de ce sous-classement…

Les dix premiers musées des beaux-arts de villes de plus de 100 000 habitants

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°372 du 22 juin 2012, avec le titre suivant : Les beaux-arts en région

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