Les ambitions du Musée de Vitry

Pose de la première pierre de la future grande institution d’art contemporain

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 7 février 2003 - 465 mots

Le 1er mars sera posée la première pierre du futur Musée d’art contemporain Val-de-Marne/Vitry, un projet sans équivalent dans la petite couronne parisienne. Cette nouvelle institution deviendra d’emblée à son ouverture en 2005 l’une des plus importantes d’Île-de-France dans le domaine de l’art actuel.

VITRY - Commune de 80 000 habitants, Vitry-sur-Seine est déjà célèbre pour la sculpture monumentale de Jean Dubuffet qu’elle accueille Carrefour de la Libération. C’est justement là et sur un terrain de deux hectares que s’ouvrira en 2005 le Musée d’art contemporain Val-de-Marne/Vitry. S’appuyant sur la riche collection du Fonds départemental d’art contemporain du Val-de-Marne initiée dès 1982 par le critique Raoul-Jean Moulin, et fondue dans la structure en 1999, l’institution offrira un espace de 4 000 mètres carrés pour son accrochage et les expositions temporaires. Mais le projet en lui-même se déploiera en tout sur 13 000 mètres carrés, puisqu’il comprendra également un cinéma “art et essai”, un centre de documentation, une librairie, un restaurant, un auditorium, deux ateliers-logements pour les artistes en résidence, et trois ateliers d’arts plastiques destinés au service pédagogique. Autour du bâtiment, la directrice du futur musée, Alexia Fabre, envisage également de créer un jardin de sculpture. Ce projet de 30,5 millions d’euros est financé à un peu plus de 50 % par le département du Val-de-Marne, l’État et la région Île-de-France versant 7,5 millions d’euros chacun. Une fois construit, le département assumera seul les frais de fonctionnement de l’institution estimés à 3 millions d’euros par an.
La collection en elle-même a été financée depuis dix ans par le département à hauteur de 460 000 à 533 000 euros par an. Centrée autour de la scène artistique française, elle explore quatre grands axes : “L’abstraction”, “La permanence de la figure”, “La peinture en question” et “L’art proche du réel”. Un premier aperçu de l’ensemble sera d’ailleurs bientôt proposé au public dans un espace temporaire de 180 mètres carrés au cœur du chantier. Du 1er mars au 6 avril et sous le nom “Collection : étape 01” seront réunies des œuvres d’Arman, François Morellet, Raymond Hains, Basserode, Erik Dietman, Antoni Tàpies, Alain Bublex, Alain Jacquet, Jean-Pierre Raynaud, Daniel Pommereulle, Agnès Thurnauer ou Gérard Paris-Clavel.
Après un concours remporté en 1991 par l’Atelier d’architecture Ripault-Duhart, le bâtiment aura dû attendre douze ans avant la pose de sa première pierre. À la suite de la nomination d’Alexia Fabre à la tête du projet en 1998, le programme a été quelque peu modifié, notamment pour “replacer le public au cœur du musée”, selon les mots de la conservatrice du patrimoine.
D’ici à son ouverture en 2005, une salle d’exposition temporaire accueillera des expositions collectives et monographiques, et d’autres événements. À terme, cette institution dédiée à l’art contemporain devait être sans équivalent dans la région parisienne, hormis Paris intra-muros bien sûr.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°164 du 7 février 2003, avec le titre suivant : Les ambitions du Musée de Vitry

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