Samedi 16 février 2019

Art ancien

Le statut des statues

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 22 février 2002 - 364 mots

PARIS

Afin de réglementer le sort de trois statues nigérianes acquises en 1999 par l’État français, un accord de coopération intergouvernemental vient d’être signé entre la France et le Nigeria. Dans un communiqué, Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, annonce que les œuvres seront prêtées pour vingt-cinq ans au futur Musée du quai Branly, à Paris.

PARIS - Les trois sculptures nigérianes des ethnies Nok et Sokoto, actuellement exposées au pavillon des Sessions du Musée du Louvre, “feront l’objet d’un dépôt d’une durée de vingt-cinq ans, renouvelable d’un  commun accord, dans les lieux d’exposition permanents du Musée du quai Branly”, a annoncé dans un communiqué Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication. Signé entre la France et le Nigeria, l’accord qui s’appuie sur la convention Unesco de 1970, “règle de manière définitive le statut des trois œuvres” et assure “une reconnaissance de propriété de ces trois œuvres au bénéfice de la République fédérale du Nigeria”. Les objets provenaient de sites archéologiques découverts à l’occasion de prospections minières au début des années 1990, alors que le Nigeria avait déjà interdit l’exportation de toutes pièces archéologiques. L’Icom (Conseil international des musées) avait conclu qu’ils étaient “forcément” sortis illégalement du pays et, en avril 2001, le Nigeria avait officiellement demandé à la France leur restitution. Dans le communiqué, Catherine Tasca ajoute que “la France est également prête à faciliter la restitution au Nigeria de toute pièce appartenant à cet État et dont la preuve de l’acquisition illégale aura été établie par les juridictions compétentes de notre pays”, avant de conclure que “la France tient à marquer son attachement à la lutte contre le trafic illicite des œuvres d’art en s’engageant dans la ratification de la convention Unidroit de 1995”. Pour l’heure, le chantier des collections du futur Musée du quai Branly a démarré à l’hôtel Berlier, non loin de la Bibliothèque nationale de France (BNF), où doivent transiter quelque 300 000 objets – 250 000 provenant du laboratoire ethnologie du Musée de l’Homme et 25 000 du Musée des arts d’Afrique et d’Océanie – qui seront traités et identifiés, avant de rejoindre les nouveaux espaces du musée, d’ici la fin 2004.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°143 du 22 février 2002, avec le titre suivant : Le statut des statues

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