Dimanche 18 février 2018

Le Palais de Tokyo accueillera un nouveau Beaubourg

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 13 novembre 2007

Le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, a présenté le 29 septembre ses initiatives en faveur des arts plastiques et du marché de l’art. La décision la plus spectaculaire concerne le Palais de Tokyo, qui restera dédié à l’art contemporain, mais selon une nouvelle configuration. Bernard Blistène, à la fois “compétent et disponible�?, d’après le ministre, est chargé de la redéfinition du lieu. Il prendra les rênes de ce véritable paquebot début 2005.

PARIS - Au 1er janvier 2005, Bernard Blistène deviendra le directeur du Palais de Tokyo, succédant ainsi à Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans. Mais l’institution qu’il dirigera aura peu de points communs avec le Site de création contemporaine tel qu’il existe depuis 2002. À côté de la création la plus actuelle, des espaces seront progressivement réservés à des présentations de collections, celles en premier lieu du FNAC (Fonds national d’art contemporain), mais aussi celles de FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain), de privés ou d’institutions étrangères. Seront également organisées des expositions d’artistes de “génération intermédiaire”, le Palais prenant ainsi le relais du Jeu de paume, appelé à devenir une galerie de la photographie et de l’image. Enfin, suivant la volonté du ministre, le lieu devra également s’ouvrir au design, au graphisme, à la mode, mais toujours en relation avec l’art contemporain, selon Bernard Blistène, qui souhaite se soustraire à une “logique d’empilement”.
Pour mener à bien ce programme, l’ensemble du bâtiment sera progressivement mis aux normes de sécurité puis aménagé. À terme, soit autour de 2008, le programme devrait totaliser 22 000 m2. Combien seront dévolus à l’institution, quand on sait que les espaces disponibles au Centre Pompidou (collection du Musée national d’art moderne et expositions temporaires) ne dépassent pas 10 000 m2 ? Le choix n’est pas encore arrêté, mais l’une des clés du projet réside dans les gigantesques surfaces disponibles à l’intérieur de ce vaste vaisseau. Dans le contexte actuel de crise, le ministère est loin de pouvoir assumer seul le coût d’un tel programme. Comme au Grand Palais, celui-ci s’accompagnera donc d’un volet privé, à définir. Des concessions seront données pour l’ouverture d’espaces commerciaux, accueillant peut-être des galeries, ce qui, après tout, n’est pas une mauvaise idée quand on considère par exemple la réussite du Löwenbräuareal à Zurich. Le bâtiment dispose également de salles de cinéma – héritage de l’époque où la Fémis y était installée –, qui pourraient être concédées à un exploitant. Des mètres carrés de bureaux pourraient par ailleurs être loués. L’institution devrait dégager de ces opérations de substantiels revenus aptes à financer une partie de ses activités. Tout dépendra aussi de son statut, celui d’établissement public paraissant le plus adapté pour permettre une parfaite réaffectation de ces fonds. Avec ce projet, mais aussi les musées voisins existants (Musée d’art moderne de la Ville de Paris, Musée Galliera, Musée Guimet) et à venir (Musée du quai Branly, Cité de l’architecture et du patrimoine), ce quartier de Paris est manifestement appelé à devenir l’un des hauts lieux culturels de la capitale.
La province n’est cependant pas oubliée. Le ministre a ainsi rappelé l’engagement de l’État en faveur des FRAC de deuxième génération. D’ici à 2008, sept d’entre eux seront réinstallés dans des bâtiments neufs – ainsi le FRAC Bretagne à Rennes, Picardie à Amiens, Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille – ou réhabilités – le FRAC Centre à Orléans, Auvergne à Clermont-Ferrand et Poitou-Charentes à Angoulême. Ce dernier a d’ailleurs choisi son architecte le 17 septembre en la personne de Jean-Marie Mandon. L’État apportera 15 millions d’euros pour l’ensemble de ces projets. Plus généralement, les crédits d’acquisition d’œuvres d’art vont augmenter de 3,5 % en 2004. Une nouvelle qui devrait ravir les galeries !

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°178 du 10 octobre 2003, avec le titre suivant : Le Palais de Tokyo accueillera un nouveau Beaubourg

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