Le double chantier du Centre Pompidou

Son président Jean-Jacques Aillagon veut rénover le fonctionnement de Beaubourg parallèlement au bâtiment

Par Emmanuel Fessy · Le Journal des Arts

Le 24 octobre 1997 - 747 mots

Presque intégralement fermé, le Centre Georges Pompidou aborde deux années de rénovation avant une réouverture prévue symboliquement le 31 décembre 1999. Son président, Jean-Jacques Aillagon, ne veut pas se limiter à rénover les murs mais entend également réorganiser le fonctionnement de cette grande \"machine\" culturelle et infléchir sa programmation.

PARIS. Les architectes Renzo Piano et Jean-François Bodin conduisent un chantier évalué désormais à 440 millions de francs. À cette somme s’ajoutent les 150 millions consacrés aux abords du Centre (y compris la reconstruction de l’atelier Brancusi) et 160 millions à la réhabilitation technique du bâtiment (façades, ascenseurs, climatisation, sécurité). À l’issue du réaménagement, le 5e étage gagnera 1 000 m2 et offrira deux espaces d’exposition distincts et modulables. La totalité des niveaux 4 et 3 sera dévolue aux collections permanentes du Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle (Mnam/CCI), soit un gain d’environ 4 000 m2 sur les services administratifs qui seront installés définitivement hors du Centre. Le redéploiement de la Bibliothèque publique d’information (BPI) se fera sur la mezzanine nord – avec une entrée autonome – , sur le 1er étage dans sa totalité et sur huit des treize travées du 2e étage. Une redéfinition globale du Forum permettra au Centre de devenir, parallèlement à l’exercice de ses fonctions traditionnelles (expositions, collections, lecture, activités en salles), "un lieu privilégié du contact direct avec l’actualité du monde, celle de la création dans toutes les disciplines et celle du Centre".

Un conseil d’administration
Jean-Jacques Aillagon veut repenser le “projet culturel” du Centre et revoir son organisation. Il souhaite la création d’un conseil d’administration et porter le mandat du président à cinq ans au lieu de trois. Ainsi serait renforcée l’autorité du président sur les quatre composante de la maison Beaubourg, qui devraient coopérer davantage qu’elles ne le font actuellement et viser, selon Jean-Jacques Aillagon, une "pluridépartementalité". Deux organismes associés – l’Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique-musique) et la BPI – et deux départements "constitutifs" – le Musée national d’art moderne et un nouveau "Centre de culture moderne et contemporaine", chargé de “l’exploration de tous les phénomènes intellectuels et culturels" – rendraient au Centre "une parfaite quadrature". Le Musée, dirigé par Werner Spies, ne sera pas scindé en deux entités, comme il avait été envisagé. Mais il a désormais deux directeurs adjoints : Isabelle Monod-Fontaine pour la collection et Bernard Blistène pour "l’action contemporaine". Pour la programmation, le Centre va alterner les grands bilans des mouvements artistiques (Pop Art en l’an 2000, puis le Cubisme, le Surréalisme, l’Abstraction…) et les monographies de sommités du XXe siècle : Picasso sculpteur, Brassaï – toutes deux en 2000 –, puis Jean Dubuffet, Max Beckmann, Mondrian, Miró… Il organisera également chaque année “une grande exposition de civilisation” sur des thèmes comme les médias, “Signes et mémoire” en 2000, la vitesse et le temps en 2001, l’argent, les loisirs et le travail, la nature… Car le Centre doit permettre de “voir et de comprendre les mutations de la société et du monde contemporain dans leur expression culturelle”.

Pendant les travaux…
Un centre d’information, abrité sous le "Tipi" de Chaix et Morel, permet de connaître toutes les activités du Centre et d’acheter ses produits dérivés. Les adultes peuvent participer aux débats de la “Revue parlée”?, les enfants à l’atelier pédagogique. La célébrissime "chenille", qui permet l’accès à la terrasse du 5e étage, restera praticable jusqu’à début janvier. La Galerie Sud (1 500 m2) accueillera les expositions Bruce Nauman (décembre 1997-mars 1998), Max Ernst (avril-août 1998), les collections du Consortium de Dijon (1998), et David Hockney (1999). Resteront ouverts aussi l’atelier Brancusi, reconstruit sur le parvis et inauguré début janvier, l’Ircam, le Cabinet d’art graphique réservé aux chercheurs et aux conservateurs, et la documentation du Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle. La Bibliothèque publique d’information rouvrira le 19 novembre dans l’ancien supermarché AsÉco, à proximité du Centre, sur une surface réduite (3 500 m2) et avec une capacité de 600 places. À Paris, des présentations "hors les murs" se dérouleront au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, aux Galeries nationales du Grand Palais, à la Galerie nationale du Jeu de Paume, à l’Espace Electra, au Couvent des Cordeliers et à la Samaritaine (Magasin 1). En région, les musées Fernand Léger de Biot, d’Art moderne à Céret, Unterlinden à Colmar, des Beaux-Arts à Lyon, Nantes et Rouen, et plusieurs centres d’art contemporain accueilleront des expositions Pompidou. À l’étranger, les œuvres iront à Bogota, Mexico, Milan, Tokyo, Madrid, New York, Helsinki, Rio de Janeiro…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°46 du 24 octobre 1997, avec le titre suivant : Le double chantier du Centre Pompidou

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