Samedi 17 novembre 2018

Le Courtauld cherche des mécènes

Pour son projet de développement, le directeur doit encore réunir plus de 86 millions d’euros

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 10 octobre 2003 - 496 mots

Le Courtauld Institute, à Londres, est en pleine mutation. Après avoir acquis le statut de college indépendant au sein de l’université de Londres en août 2002, l’établissement académique a la difficile tâche de devoir s’autofinancer, et de financer l’ouverture de nouvelles galeries dans le bâtiment sud de Somerset House. Son nouveau directeur, James Cuno, qui a déjà attiré la générosité de mécènes comme le J. Paul Getty Trust, doit encore réunir près de 86,58 millions d’euros.

LONDRES - Lorsque le Courtauld Institute est devenu un établissement d’enseignement supérieur (college) indépendant au sein de l’université de Londres, en août 2002, la condition sine qua non pour bénéficier de ce statut reposait sur son autonomie financière ainsi que sur l’assurance de ressources économiques sur le long terme. Le coût de cette intégration est estimé à 50 millions de livres sterling (72,4 millions d’euros) ; 20 millions ont déjà été réunis grâce au J. Paul Getty Trust, basé à Los Angeles, et à Lisbet Rausing, fille de l’industriel suédois Hans Rausing. James Cuno, qui a quitté le musée de l’université d’Harvard pour prendre la direction du Courtauld en janvier 2003, se déclare confiant sur la levée des fonds restants.

L’autre projet majeur de l’institution est la création, au premier étage du bâtiment sud de Somerset House, d’une nouvelle galerie pour accueillir la collection de peintures impressionnistes, postimpressionnistes et modernes ; les bureaux et autres équipements se situeraient à l’étage supérieur. Bien qu’en débat depuis 1995, une étude de faisabilité de ce projet est attendue en octobre, suivie d’une analyse plus approfondie. Avec une ouverture prévue aux alentours de 2008-2009, cette nouvelle galerie demandera un travail considérable. Son coût de construction devrait s’élever à 30 millions de livres (43,34 millions d’euros). D’ici là, la Grande Salle du dernier étage continuera d’abriter la splendide collection d’art impressionniste et postimpressionniste de l’Institut ainsi qu’un groupe de tableaux du XXe siècle prêtés par diverses institutions. En d’autres termes, le Courtauld n’aura plus d’espace pour d’importantes expositions temporaires – bien que de petites expositions soient prévues dans des galeries plus modestes. Celles-ci présentent déjà, outre des sculptures de Cy Twombly, le Déjeuner dans l’atelier d’Édouard Manet de la Neue Pinakothek de Munich, et, du même peintre, le Bar des Folies Bergères du Courtauld, ainsi que plusieurs Improvisations de Kandinsky.

James Cuno assume la direction de la galerie depuis le départ de John Murdoch, aujourd’hui à la tête de la Huntingdon Art Collections en Californie. Selon James Cuno, son nouveau rôle est d’assurer l’intégration du musée à l’Institut, là où d’aucuns y voient deux entités séparées. Ernst Vegelin poursuit quant à lui sa mission de conservateur en chef.

Le partenariat de l’Institut avec le Musée national de l’Ermitage (lire p. 12) fait figure d’étape importante dans l’histoire de Somerset House. L’exposition actuelle, “Pierre Paul Rubens : esquisses à l’huile de l’Ermitage et du Courtauld”, jusqu’au 8 février 2004, sera suivie de “Paradis sur terre : art des contrées islamiques” (27 mars au 12 septembre 2004).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°178 du 10 octobre 2003, avec le titre suivant : Le Courtauld cherche des mécènes

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