Vendredi 27 novembre 2020

Le British Museum a enfin osé

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 28 mai 1999 - 205 mots

Cette coupe romaine en argent, datée du règne de Néron (54-68), est l’achat le plus coûteux du British Museum depuis dix-sept ans.

LONDRES. Dans les années cinquante, l’objet était passé en vente, mais les musées anglais n’en avaient pas envisagé l’achat, l’homosexualité étant alors un délit au Royaume-Uni. Les temps changent : il sera exposé dans la galerie d’art romain à côté d’un camée d’iconographie semblable et ne rejoindra donc pas le Secretum, l’“Enfer” du musée sur lequel nous reviendrons dans un prochain numéro. Prêtée au Metropolitan depuis 1992, la coupe a été acquise 3 millions de dollars (18 millions de francs) par le British Museum.

Trouvée en 1900 en Palestine, elle entre rapidement dans la collection d’Edward Perry Warren, qui vivait à l’époque dans le Sussex. Celui-ci est d’ailleurs le commanditaire du Baiser de Rodin. Il avait demandé à l’artiste que les parties génitales de l’homme soient visibles “dans leur intégralité”. Les deux scènes montrent l’eraste (l’aîné, l’actif) et l’eromenos (le jeune, le passif) “selon la pratique grecque”, comme l’indique le musée. Le conservateur Dyfri Williams tient à mettre en garde contre l’interprétation contemporaine qui peut en être faite, estimant que les Romains ne faisaient pas une distinction stricte entre rapports hétérosexuels et homosexuels.

Titre original de l'article du Journal des Arts n° 84 - 28 mai 1999 : « Le BM a enfin osé »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°84 du 28 mai 1999, avec le titre suivant : Le British Museum a enfin osé

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