Mercredi 14 novembre 2018

L’Automne asiatique des antiquaires

Une édition sous le signe de l’Année de la Chine

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 10 octobre 2003 - 789 mots

Quinze antiquaires parisiens, spécialistes des arts d’Asie, organisent pour la cinquième édition de l’Automne asiatique un programme commun d’expositions dans leur galerie. Dans un foisonnement d’objets, de l’archéologie aux laques en passant par les sculptures, estampes, peintures, meubles, bronzes, porcelaines, ivoires, jades, cloisonnés, tabatières et soieries, la manifestation s’inscrit parfaitement dans la saison culturelle de l’Année de la Chine en France.

“Nous sommes très contents de l’Année de la Chine en France. Nous devons marquer le coup”, lance Antoine Lebel, le président de l’Association des spécialistes des arts asiatiques (ASAA). L’ASAA, créée en 2001, a pris en main l’organisation de l’Automne asiatique après son lancement par Christian Deydier en 1998. Cette manifestation, dont le concept repose sur des expositions simultanées chez les marchands, a déjà connu quatre éditions, prouvant ainsi que, dans ce secteur spécifique, le marché de l’art parisien est présent et actif, quoique de moindre ampleur qu’à Londres. En effet, l’”Asian week”, qui se déroule tous les ans dans la capitale anglaise en novembre, accueille environ 90 marchands, tandi que l’Automne asiatique à Paris réunit chaque année une quinzaine d’exposants. “La clientèle étrangère se déplace plutôt à Londres, qui offre un panorama plus complet des arts asiatiques”, reconnaît Antoine Lebel. Mais avec l’Eurostar, Paris n’est pas loin...”. Il est d’ailleurs question d’étoffer l’an prochain le rendez-vous parisien en faisant venir quelques bons marchands allemands, belges et italiens, lesquels seraient hébergés par des galeries de la rive Gauche. L’idée est directement inspirée de la formule à succès du Kaos-Parcours des mondes, à Saint-Germain-des-Près (lire le JdA n° 177, 26 septembre 2003). “Nous sommes un petit noyau d’antiquaires à être concentrés dans ce quartier”, précise Antoine Lebel. En outre, un partenariat passé avec plusieurs maisons de vente aux enchères pour l’organisation de vacations d’arts de l’Extrême-Orient pendant l’Automne asiatique est aussi prévu en 2004, ce qui devrait donner davantage d’impact au rendez-vous. Puis, en 2005, la manifestation fera une pause au profit du Salon du collectionneur. Sa section “Asie” a séduit les marchands, en remplacement de la Biennale des arts asiatiques, un salon spécialisé initié par l’ASAA et dont l’unique édition s’est tenue dans les jardins des Tuileries à la rentrée 2002. Cette année, l’Automne asiatique succède exceptionnellement au Salon du collectionneur, Année de la Chine oblige ! L’opération a d’ailleurs été labellisée pour l’occasion “Année de la Chine en France” par le ministère des Affaires étrangères, qui l’a inscrite dans sa programmation officielle.

Soieries chinoises, mobilier tibétain, statues khmères
Les exposants de l’Automne asiatique ont centré leur présentation qui sur une thématique qui sur un ou plusieurs objets phares. Agnès Deydier profite de la manifestation pour inaugurer sa nouvelle enseigne, la galerie Banpo, rue des Saints-Pères. On y découvre un ivoire chinois du XVIIIe siècle représentant une “femme-médecin” nue, allongée, un bras soutenant sa nuque, les yeux pudiquement fermés et les pieds chaussés.
À l’époque, les femmes malades issues de la haute société présentaient ces ivoires médicaux en indiquant au médecin, qui n’avait pas le droit de les ausculter, le lieu de leur mal. Ce dernier devait alors établir son diagnostic à partir de cette seule information. Pour sa première participation, Vincent l’Herrou, de la galerie Théorème – spécialisée en porcelaine et objets d’art de la Chine et du Japon –, a réuni une sélection de pièces dont une paire de statuettes en porcelaine de l’époque Qianlong (1736-1795) afin de célébrer l’année de la Chèvre. Myrna Myers étonne avec sa collection de costumes et étoffes de la Chine du XIe au XVIIIe siècle, une belle exposition qui ira ensuite à New York, en mars 2004. C’est dans le cadre privilégié de la galerie-pagode C.T. Loo, fondée en 1926, qu’est présenté un ensemble de meubles tibétains lithurgiques et laïques datés entre le XVIe et le XIXe siècle, tels que tables à offrandes, autels, buffets et coffrets, en plus des sculptures, peintures et objets rituels du Tibet. À la galerie Barrère, la beauté de l’art khmer prendra toute son ampleur à travers une dizaine de pièces préangkoriennes et angkoriennes autour desquelles sont exposés de très beaux exemplaires de la sculpture bouddhique chinoise. L’immense espace de la Compagnie de la Chine et des Indes est dédié au mobilier chinois en laque et bois du XVIIe siècle, tandis que pour la première fois les deux marchands de l’avenue Friedland prêtent en parallèle leurs cimaises à l’artiste chinois Zhang Dawo, né en 1943, et dont le travail s’inspire de l’art de la calligraphie moderne. Cette démarche constitue à la fois une ouverture du monde des antiquités à l’art vivant enraciné dans une culture ancestrale et un clin d’œil à l’une des formes de l’art contemporain qui explose depuis peu en Chine.

AUTOMNE ASIATIQUE À PARIS 2003

Jusqu’au 15 novembre. Rens. 06 86 99 46 74, www.automneasiatique.com

Les galeries participantes :

Au Vieux Chinois Galerie Jacques Barrère Galerie Banpo Galerie Slim Bouchoucha & Jean Lostalem Galerie Bernard Captier Compagnie de la Chine et des Indes Bertrand de Lavergne Antoine Lebel Valerie Lévesque C.T. Loo Galerie Luohan Myrna Myers Oriental Bronzes Ltd Tanakaya, “Surimonos”? Galerie Théorème

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°178 du 10 octobre 2003, avec le titre suivant : L’Automne asiatique des antiquaires

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